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 Saison nouvelle [PV Ian]

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Alessa Van Henn

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MessageSujet: Saison nouvelle [PV Ian]   Lun 19 Avr - 13:10

[Forme Humaine]

Le soleil brillait à son zénith en cette journée d'avril. Que les après-midi de printemps étaient douces lorsqu'elles étaient baignées de ses indicibles rayons... La chaleur était encore bien loin d'être pesante et suffocante, mais elle n'en restait pas moins agréable.
Alessa n'avait pas eu de véritables raisons particulières de venir en ces lieux. Peut-être voulait-elle simplement retrouver ceux qui, par le passé, l'avait choyée et aimée de tout leur cœur...
Aussi, sans qu'elle ne leur ait demandé quoi que ce soit, ses pas la guidèrent telles un marionnettiste face à son pantin de bois à la pierre tombale de sa famille.
La tombe était propre, entretenue, et fleurie. Mais ça n'était pas de son fait. Alessa ne passait en ces mornes lieux qui ne lui rappelaient que de biens tristes et sordides souvenirs une fois le mois, et encore... C'était peu dire.
Quelqu'un d'autre veillait sur ses ancêtres, et sur sa très chère mère.
Au fond d'elle-même, Alessa se doutait de qui était cette personne. Mais son intuition lui interdisait d'accepter cette supposition comme un fait, et sa vigilance, de la révéler.

Je ne sais combien de temps elle resta ainsi de marbre, devant le monument. Aucune larme ne coulait, aucune pensée macabre ne l'envahissait. Elle ressentait simplement de la frustration : celle de n'avoir rien pu éviter.
Aujourd'hui, elle avait fait son deuil, et elle avait appris à faire impasse sur des sentiments aussi futiles que ceux-ci. Elle n'était plus la même qu'à l'époque où tous étaient encore présents à ses côtés. Elle avait grandi, mûri... Elle était devenue une femme.
Pourtant, elle n'avait pu réprimer cette envie qu'elle avait eu d'offrir, comme souvenir à ces défunts, une esquisse de celle qui était sa mère, d'antan.
Tirant d'une poche intérieure de son veston la page découpée d'un carnet sur laquelle était dessinée, au crayon, le portrait de sa génitrice, elle l'observa un instant de ses yeux bleu nuit, avant de la déposée sur la tombe, et de la caler sous un pot de fleurs pour ne pas que le premier coup de vent l'emporte. Elle savait que l'humidité, la lumière et le reste auraient très tôt fait d'abîmer son œuvre simple, mais cela l'importait peu.


" Comme on dit, c'est l'intention qui compte, n'est-ce pas... "

Elle se surprit à se sourire elle-même, d'un sourire certes vague et bref.
Elle avisa les environs. Au loin, elle apercevait les veuves faire fleurir les tombes de feu leur vieux mari, des mères ou pères accompagnés de leur enfant, mais le plus souvent, elle ne voyait personne.
Les gens se préoccupaient de moins en moins des défunts. Pourquoi s'attacher à des choses si matérielles quand le souvenir fait déjà tout ? Il était vrai que les cimetières étaient quelque chose de bien trop morbides aux yeux d'Alessa. Mais elle ne pouvait s'empêcher de passer. C'était comme un rendez-vous chronique, à ne jamais rater.
Esquissant un vague soupir, elle tira de son veston un paquet de cigarette, et en mena une entre ses lèvres rosées. Faisant jaillir de son zippo d'argent une flamme couleur or, elle l'alluma, puis en tira quelques bouffées.
Elle ne savait pas pourquoi elle s'encrassait les poumons avec ces horreurs. Peut-être voulait-elle tout simplement défier la mort. Serait-elle capable de venir la chercher, elle, qui déjà lui avait échappé plus d'une fois ?
Conservant son zippo en main, elle continua de tirer sur sa cigarette, tandis que doucement ses pas tentaient de l'éloigner du caveau familial... En vain.

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Ian Englehorne

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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Lun 19 Avr - 23:00

Pour une fois que le soleil se décidait à briller au-dessus de cette ville réputée comme relativement pluvieuse à ses yeux, pas question de rester enfermé dans son antre. Ne prenant pas de manteau, c'était vêtu d'une chemise brune et d'un jean bleu des plus banals que Ian avait traversé la rue bordant son hôtel et s'était jeté corps et âme dans les rues de Paris. De prime abord, il avait laissé ses jambes le mener où elles le désiraient, suivant le flot des passants, badins ou travailleurs. Quelques femmes en avaient également profité pour sortir leurs jupes, mais ce n'était pas à elles qu'il prêtait attention. Non, il était plutôt songeur et ne regardait pas vraiment ce qui se trouvait autour de lui. Au bout d'un moment, il décida de se rendre au cimetière du Père Lachaise... curieux, car c'était le premier endroit où il s'était rendu en-dehors de sa chambre après son arrivée ici. Et c'était également à cet endroit qu'il avait rencontré Neliya... Au souvenir de ce qui s'était passé quelques mois auparavant, ses doigts vinrent tater comme par réflexe la bosse discrète que formais son magnum, dissimulé par sa chemise. Le coin de ses lèvres se crispa dans un tic nerveux qu'il réussit pourtant à chasser bien vite. La chaleur agréable qui enveloppait son être, la légéreté qui semblait s'échapper des murs gris le rassérénait et lui faisait accélerer l'allure. Un peu comme quand vous revenez dans un endroit chéri depuis longtemps, et que vous vous demandez quant à un possible changement. Est-ce que tout est resté en place ? Ressentirait-on les mêmes sensations que lors de la première visite ?

* Et pourrais-je me recueillir, ne serait-ce qu'un moment ? ... *

C'était un acte qui ne lui était effectivement pas coutumier. Mais il sentait au fond de lui que cela ne pourrait que lui faire le plus grand bien, et il avait appris à déserter de plus en plus les églises et autres édifices religieux. Surtout depuis qu'il avait aperçu la seule vampire qu'il connaissait attachée à un pilier de ce genre de bâtiment, attachée et sans défense après s'être fait torturer violemment. Et puis ... il fallait dire que sa foi l'avait considérablement abandonnée, depuis le temps. Plus il avait vieilli, et plus il s'était découvert une facette d'athée, bien que s'étant majoritairement toujours comporté comme agnostique.
Le temps de réfléchir à tout ça, et il pénétrait dans l'espace intime réservé aux morts, se coupant de l'univers urbain avec grand plaisir. Regardant un moment autour de lui, il constata que davantage de monde se trouvait là, aujourd'hui. Mais le silence était d'or. Déambulant d'un pas mal assuré au milieu de l'allée principale, contrastant par la même avec la démarche qui avait été sienne pour se rendre en ces lieux, Ian soupirait, cherchant un coin tranquille où se laisser aller paisiblement à sa mélancolie. C'était toujours mieux qu'un bar...

Ce fut en changeant d'allée qu'il se trouva non loin d'une demoiselle, penchée sur une stèle, avec un papier à la main. Sans changer de rythme de marche, Ian en s'approchant, constata ce qui, de loin, ressemblait à une esquisse, ou quelque chose du genre. Ayant toujours eu une vue d'aigle, il en était presque sûr. Enfouissant les mains dans ses poches, il poussa un soupir, se rapprochant toujours de cette fille, assez belle il fallait le dire. Il ne la matait pas, mais se contentait de constater. Etonné, il fut surpris de la voir glisser le papier sous un pot de fleur, promettant ainsi son oeuvre à une destruction aussi rapide que déplorable. Et, encore plus étrange : il la vit sourire un peu et tourner son visage dans une direction opposée à la sienne, balayant les alentours du regard comme il l'avait fait lui-même peu de temps auparavant.
Alors que sa langue le démangeait de questions indiscrètes et qu'il se sentait plus sociable que d'ordinaire ( merci le soleil ? ), le marin héla par pur instinct cette inconnue :


" Excusez-moi... "

La mine affable, il retint difficilement un petit sourire en apercevant la cigarette coincée entre deux lèvres ravissantes. Tiens, une copine fumeuse...

" J'voudrais pas me mêler de ce qui me regarde pas mais... "

D'un signe de tête, il désigna le dessin glissée sous le pot de fleurs.

" Vous êtes sûre de vouloir faire ça ? En deux jours il sera complètement bousillé par la pluie, la saleté et j'en passe... ce serait dommage, vous croyez pas ? "

Puis, d'un geste aussi discret que mécanique, il s'alluma à son tour une cigarette, prenant soin cependant à rejeter la fumée sur le côté.
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Alessa Van Henn

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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Mar 20 Avr - 16:50

Une longue et suave bouffée de fumée âcre, brûlant sa gorge, ses poumons, puis sa gorge à nouveau...
Un jour, il faudrait vraiment qu'elle arrête ces saloperies.
Alors qu'elle rejetait cette fumée qu'elle savait néfaste, une voix vint la tirer avec délicatesse de ses rêveries.
Doucement, elle tourna la tête et avisa cet interlocuteur inconnu qui, sans avoir encore rien fait, s'excusait déjà.
De ses yeux sombre, la jeune femme observa l'homme qui la surplombait d'une tête au moins. Il avait un regard qui semblait renfermer sa part de mystère, quant à son apparence dans sa généralité, il était plutôt séduisant.


" J'voudrais pas me mêler de ce qui me regarde pas mais... "

Saisissant sa cigarette entre son index et son majeur, elle la retira de l'étreinte de ses lèvres pour suivre du regard la direction que désignait cet inconnu.

" Vous êtes sûre de vouloir faire ça ? En deux jours il sera complètement bousillé par la pluie, la saleté et j'en passe... ce serait dommage, vous croyez pas ? "

Il s'inquiétait, à juste titre, du sort en devenir de cette esquisse singulière qu'avait déposée Alessa sur la stèle de sa défunte mère.
L'espace d'un instant, elle se demanda s'il était vraiment raisonnable de s'attarder ainsi sur des choses aussi matérielles et futiles. Mais au fond, elle savait qu'il n'avait pas tort, et quand bien même il ne lui serait pas difficile de redessiner ce portrait, peut-être cet homme le considérait-il tout de même comme une esquisse unique dont il fallait prendre soin.
Détournant alors son regard de la stèle, elle avisa son interlocuteur avant d'afficher un frêle sourire sur ses lèvres.


" Il n'est qu'une pâle copie du modèle original, finit-elle alors par répondre avec douceur, tandis que d'un vague signe de la tête elle désignait la stèle sur laquelle trônait le nom de sa mère. Je ne pense pas que le sort d'une esquisse réalisée sur un coin de table n'ait réellement d'importance, tant que le souvenir, lui, reste intact... Vous ne croyez pas ? "

Malgré tout, sa remarque avait interloquée la jeune femme. Elle avait été surprise qu'un inconnu porte ainsi attention à cet acte trivial qui avait été le sien lorsqu'elle avait glissé la feuille sous le pot.

# De toute manière, c'est l'intention qui compte... #

Une phrase qui résonnait tel un échos insatiable dans sa tête. Pourquoi tenait-elle tant à s'en persuader ?


" Qu'aurais-je pu faire de mieux pour la protéger des souillures du temps, de toute façon...? "
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Ian Englehorne

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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Mer 21 Avr - 18:01

Au moins fut-il rassuré de constater qu'elle s'apercevait de sa présence avec aménité et douceur. Certaines personnes n'aimaient pas forcèment se faire accoster de la sorte, surtout dans des endroits comme les cimetières, où émotions et sentiments se libéraient souvent en une même boule de tristesse ou de nostalgie et modifiaient ainsi le comportement des gens. Cette demoiselle avait l'air pour le moins affable, et disposée à lui répondre et curieusement, pour une fois, l'idée d'un entretien avec une personne qu'il ne connaissait guère lui plaisait. Il devenait de plus en plus ... sympathique avec les parisiens, décidemment ... Effrayant ou rassurant ? Il ne préférait pas encore se donner de réponse là-dessus.

* Tu t'attendris ... *

Maintenant qu'il pouvait la regarder de près, il constatait qu'il ne s'était pas trompé : c'était bel et bien une beauté qu'il avait devant les yeux. Pas très grande, mais très jolie. Une sorte d'aura gracieuse paraissait émaner d'elle, de toute sa personne, et ses yeux ne lui donnèrent pas envie de détourner les siens. Amoureux ? N'y pensez pas, simplement charmé par cette apparence ravissante. Cependant, il se criait silencieusement de prendre garde : sous ce petit minois se dissimulait peut-être le plus vil des démons. Aspirant une autre bouffée de sa cigarette avant d'éjecter les quelques bouts de cendres déjà formés à son extrémité, il détourna enfin ses iris en direction de la stèle, comme son interlocutrice l'avait fait avant lui.

Au moment où ils redressèrent chacun leurs visages, ce fut pratiquement à la seconde près.


" Il n'est qu'une pâle copie du modèle original, Je ne pense pas que le sort d'une esquisse réalisée sur un coin de table n'ait réellement d'importance, tant que le souvenir, lui, reste intact... Vous ne croyez pas ? "

" Hmm ... "

N'ayant pas exactement vu la représentation exécutée sur cette feuille, il pouvait difficilement se faire une idée de la chose. Mais si il s'agissait d'une copie ... le geste était plus facilement justifiable, effectivement. Pourtant, il y avait un point sur lequel il pourrait aisément se montrer contestataire :

" Sur l'idée du souvenir, j'aurai tendance à vous rejoindre. Mais quant à " l'esquisse réalisée sur un coin de table ", comme vous dites... j'aurai tendance à me montrer plus conservateur que vous. Abandonner le fruit de son imagination, de son inspiration... notre oeuvre, aux supplices de la nature et du temps, c'est la promettre à la mort, tout en la rapprochant de notre essence, j'imagine... "

Il ne savait même pas pourquoi il débitait cette conviction profonde mais s'en tint là, se surprenant lui-même à aborder les notions philosophiques de l'art.

" Qu'aurais-je pu faire de mieux pour la protéger des souillures du temps, de toute façon...? "

Bonne question. Tirant une fois de plus sur sa cigarette, Ian s'accroupit, observant les abords de la tombe.

" La conserver à l'abri dans une sorte de boîte. Oh, pas quelque chose d'extraordinaire, mais qui l'aurait au moins protégé un bon bout de temps. Ce n'est pas ainsi que nous agissons avec nous-mêmes, de toute manière ? "

Il releva ses prunelles bleues vers elle pour lui sourire malicieusement. Après tout, les humains ne tentaient-ils pas de se protéger de leur environnement naturel et des outrages du temps à leur façon, malgré leur mortalité inéluctable ?
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Alessa Van Henn

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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Jeu 22 Avr - 13:06

L'homme qui se tenait devant elle lui apparaissait comme un certain mélange de candeur, de sensualité et de virilité. C'était un cocktail intéressant, mais surtout intriguant. Elle se demandait si, peut-être, par delà cette vague rencontre sur la stèle d'un cimetière, elle pourrait revoir cet homme étrange et séduisant.
Alessa tira une nouvelle bouffée sur sa cigarette, ne pouvant vraiment s'empêcher de soutenir le regard azuré de cet inconnu.


" Sur l'idée du souvenir, j'aurai tendance à vous rejoindre. Mais quant à " l'esquisse réalisée sur un coin de table ", comme vous dites... j'aurai tendance à me montrer plus conservateur que vous. Abandonner le fruit de son imagination, de son inspiration... notre oeuvre, aux supplices de la nature et du temps, c'est la promettre à la mort, tout en la rapprochant de notre essence, j'imagine... "

Etait-il artiste ? Ou simple observateur critique dont la philosophie touchait en tout point à la vérité.
Ses paroles avaient surprises Alessa, pourtant, elle souriait, comme absorbée par ce flot de mot qu'elle aimait tant à retranscrire sur ses toiles: nature, temps, mort, essence...
Il savait de quoi il parlait, et s'il n'était pas artiste ou critique, alors il était un tant soit peu intelligent et cultivé. De toute manière, cela ne se voyait-il pas au premier abord ?
Il parlait si bien...


" ... Il est possible qu'avec le temps ... J'aie perdu de ma considération pour les esquisses les plus simples...
Quoiqu'il en soit, vous n'avez pas tort... Et, être conservateur, même si cela amène à parfois s'attacher au fastidieux, c'est toujours une bonne chose. L'êtes-vous dans tous les domaines ? "

Un vague sourire en coin était venu se dessiner sur ses lèvres quant à cette dernière remarque. Pourquoi avait-elle dit cela ? N'était-ce pas là une question à double tranchant que cet inconnu dont elle ignorait encore tout pouvait mal comprendre ?
Elle se posait des questions, énormément de questions... Sur lui, ce qu'il pouvait faire, quelle pouvait être son identité, et son milieu de vie. Et étrangement, toutes les formes de vies lui allaient: père de famille entourés de sa magnifique femme et ses enfants, homme solitaire et calme amoureux de rien d'autre que son travail ou sa passion, ou bien homme à femmes, ne vivant que pour le véritable amour de ses amis...
Elle ne savait quel véritable profil lui attribuer, et pour cause, il l'intriguait, et attisait sa curiosité.


" La conserver à l'abri dans une sorte de boîte. Oh, pas quelque chose d'extraordinaire, mais qui l'aurait au moins protégé un bon bout de temps. Ce n'est pas ainsi que nous agissons avec nous-mêmes, de toute manière ? "

Elle observa son inconnu s'accroupir près de la stèle et ne put dissimuler son sourire, charmée par le regard malicieux qu'il lui adressa lorsqu'il eut fini d'exposer sa théorie.
Elle se sentait comme désabusée... Était-ce finalement si aisé de lui plaire, elle qui s'était toujours su difficile ?
Bien vite, elle chassa ses pensées futiles de son esprit: elle ne le connaissait en rien.


" Une boîte, oui, ça n'est pas une mauvaise idée... "

En un rien de temps, elle glissa sa main dans la poche de son veston et en sortit son paquet de cigarette. Il n'était pas encore tout à fait vide, mais là-dessus, elle se faisait confiance. Aussi en sortit-elle les trois cigarettes restantes et les glissa dans sa poche avec circonspection pour ne pas les abîmer plus qu'elles ne le seraient certainement déjà, puis retira la petite couche d'aluminium recouvrant les parois internes du paquet.
Tirant une rapide bouffée sur sa cigarette, elle vint s'accroupir aux côtés de son inconnu, puis tira le dessin de sous son pot. L'avisant quelques instants, elle finit par rouler la petite page de carnet qui lui avait servi de support pour ce faire, et la glissa dans le paquet de cigarette qu'elle referma par la suite et déposa sur la stèle.
Tournant la tête vers son acolyte, elle esquissa un sourire amusé avant de rétorquer sur un ton calme :


" C'est du bas de gamme, comme logis, mais j'imagine que ça suffira à survivre quelques jours de plus. Partagez-vous mon avis, ou bien pensez-vous que j'aurais dû acheter une boîte de cigarillos cubains pour l'occasion ? "

Elle plaisantait, et de bon coeur. Grâce à cet homme encore inconnu qui par son regard exquis et son sourire admirable avait su la mettre à l'aise...
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Ian Englehorne

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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Sam 24 Avr - 0:23

" ... Il est possible qu'avec le temps ... J'aie perdu de ma considération pour les esquisses les plus simples...
Quoiqu'il en soit, vous n'avez pas tort... Et, être conservateur, même si cela amène à parfois s'attacher au fastidieux, c'est toujours une bonne chose. L'êtes-vous dans tous les domaines ? "


L'échange s'avérait de plus en plus plaisant. Et c'était comme si le soleil continuait sa tâche délicieuse d'insuffler en lui une douce chaleur revigorante, le poussant à se laisser aller, à abaisser les barrières qui ceignaient son âme sans relâche. S'abandoner à un tendre entretien sur des questions d'un autre monde, qui plus est avec une charmante personne qui avait l'air ... normal. Quelque chose qui était devenu tristement rarissime semblait-il. Alors il se contentait de profiter du moment présent, d'appliquer un ancien adage chéri de lui depuis bien longtemps : l'éternel, l'indémmodable Carpe Diem. Contesté, mais tellement attirant.
Cela le fit revenir à cette question étrange, dont il n'était même pas sûr de connaître la réponse. Etait-il conservateur dans tous les domaines ? Après une brève réflexion, il devait s'avouer qu'il ne pouvait finalement qu'acquiescer à cela... Lui, un pur et dur, refusant de devenir un robot comme les autres, de se plier au diktat d'une technologie dont il ne comprenait guère les aboutissements, élevé à la dure et construit avec des valeurs formant comme des piliers soutenant l'homme qu'il était devenu. Un homme qui possédait des convictions sur bon nombre de sujets, mais qui les exposait rarement à quelqu'un d'autre que son équipage.


" Quant à mon instinct de conservateur... C'est fort possible qu'il prenne le pas sur pas mal de domaine, en effet. Pourquoi ? Cela vous déplairait-il ? "

L'on aurait pu croire à un flirt. Mais non, c'était autre chose. Plus sage, plus malicieux aussi. Une touche de complicité en plus, peut-être. Ils se rendaient leurs sourires l'un à l'autre, installant de ce fait un climat qui poussait à la camaraderie, à l'indolence et à une certaine langueur. Il se sentait comme sur une île des tropiques, de celles où les habitants sont les seuls à conserver en eux une certaine mollesse dans les gestes, où tout semblait moins engoncé, plus simple ...

" Une boîte, oui, ça n'est pas une mauvaise idée... "

Avec sympathie, il l'observa s'accroupir et le rejoindre plus près de la stèle. Son parfum vint effleurer ses narines, et il apprécia l'effluve, loin d'être capiteuse. L'idée du paquet de clopes l'amusa, et il ne put retenir un petit rire, secouant la tête. Pourquoi pas ? C'était un compromis comme un autre. Le papier serait protégé quelques temps, avant d'être brutalement arraché de son écrin de fortune et voué à la désagrégation, pour redevenir poussière... comme les hommes. Par pudeur, il détourna les yeux le temps qu'elle y glisse son esquisse, n'essayant pas de voir ce qu'elle avait tenté d'y reproduire. A la place, il observa le nom gravé sur la pierre tombale. C'était le nom d'une femme. Notant les dates qui y étaient inscrites, comparant avec l'âge présumé, avec une marge d'erreur près, de la demoiselle à ses côtés, il s'agissait sûrement de sa mère, ou d'une parente. Du moins, il aurait misé sur cette idée.

" C'est du bas de gamme, comme logis, mais j'imagine que ça suffira à survivre quelques jours de plus. Partagez-vous mon avis, ou bien pensez-vous que j'aurais dû acheter une boîte de cigarillos cubains pour l'occasion ? "

Son rire devint plus franc s'envola au-dessus d'eux, et son visage reprit un aspect juvénile, celui qu'il avait tendance à perdre depuis un an.

" Ca suffira je pense ! "

Dépliant ses longues jambes dans un soupir, il prit à peine le temps de s'étirer avant de tendre une main rendue un peu hésitante par l'opinion qu'elle aurait peut-être de sa familiarité, mais soucieuse de la relever par galanterie. Ian était en effet un éternel adepte de ce genre de contradictions. Peu pressé de se plier aux exigences des caprices féminins et à leur minaudage, mais prêt à ranger sa facette bourrue pour un peu de savoir-vivre, et une tendresse toute naturelle pour le beau sexe. Attendant qu'elle glisse ses doigts fins entre les siens, plus calleux et aptes à manier un gouvernail que de pianoter sur un ordinateur, il la releva sans peine et avec douceur, un sourire tranquille persistant à se maintenir sur ses lèvres.

" Eh bien ... je crois que je n'avais encore jamais fait une rencontre aussi agréable dans ce genre d'endroit et avec un temps aussi magnifique. "

Leurs doigts se défirent. Son esprit lui disait qu'il ne faisait rien de mal en profitant de la présence d'une autre femme, mais l'image de la sienne, défunte, s'imposa un instant en lui. Il savait qu'elle aurait été heureuse de le voir reprendre pied dans l'univers des vivants et non plus des souvenirs. Mais le remods, lui, était toujours là.
L'envie de reprendre la parole, de lui dire quelque chose d'agréable, d'engager la conversation ... celles la aussi se tenaient présentes.


" Vous ... enfin.... je... "

Mais non. Rien de sensé ou qui ne deviendrait pas pathétique dans sa bouche ne lui venait. Poussant un soupir, il haussa les épaules, désabusé mais gardant une expression affable.

" Boarf, laissez tomber... je vais pas davantage vous faire perdre votre temps... "
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Alessa Van Henn

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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Sam 24 Avr - 20:54

" Quant à mon instinct de conservateur... C'est fort possible qu'il prenne le pas sur pas mal de domaine, en effet.Pourquoi ? Cela vous déplairait-il ? "
Un étrange sourire vint flotter sur les lèvres d'Alessa lorsqu'il prononça ces derniers mots. Non, cela ne lui déplaisait pas, bien au contraire. Elle trouvait cet aspect là de la personnalité profondément humain et cela lui faisait chaud au coeur. Elle, qui depuis le drame de son adolescence s'était interdite tout conservatisme, s'en sentait à la fois dévaluée et déshumanisée. Mais au fond, pouvait-on réellement dire qu'elle était humaine ?
Elle avait, par désir de vengeance, appris à ne jamais trop s'attacher, et à ne jamais rien garder de compromettant pouvant parler d'elle à sa place en vue. D'une certaine manière, elle était conservatrice, mais se forçait à ne se contenter en cela que de souvenirs, et d'esquisses insinueuses dont elle seule pouvait comprendre le véritable sens. Elle avait même appris à se détacher de son propre nom et de sa propre identité... Mais désormais, tout ce petit jeu touchait à sa fin... Ou du moins, c'est ce qu'elle espérait... Elle était proche de la vérité, et bientôt, sans doute, elle pourrait terminer son travail de Némésis et enfin vivre en paix.
Inconsciemment, elle tira la dernière latte que pouvait lui offrir sa cigarette, puis éteignit ses braises sur le sol caillouteux.
Tandis que doucement son sourire s'effaçait, elle hocha la tête avec circonspection.


" Qu'y a-t-il de plus humain que le désir de conserver pour s'assurer de ne jamais oublier et de toujours aimer ? "

Dans un mouvement fluide elle tourna à nouveau sa tête vers son acolyte et plongea son regard nuité dans le sien, azuré. Il était si doux, qu'elle se serait sentie capable de ne jamais détourner les yeux. Elle était comme ça... Séduite par les regards, de ceux qui parlent à la place du cœur. Celui de cet inconnu qui se tenait à ses côtés, il restait silencieux, mystérieux et secret. Mais c'était d'autant plus enivrant et exaltant...

Lorsque suite à l'invitation de cet homme au regard exquis elle glissa son esquisse dans son paquet de cigarette, elle fut agréablement surprise par le rire léger que lui offrit celui-ci. D'un même amusement commun, elle ne put réprimer un sourire franc qui ne fit que s'amplifier encore lorsqu'après sa remarque sur les cigarillos cubains il rit de plus belle.
Qu'il était agréable et plaisant d'être ainsi en si charmante compagnie. Elle n'aurait pu rêver mieux en cet après-midi étrange où sans même savoir pourquoi, ses pas l'avaient guidés en ce lieux morose.


" Ça suffira je pense ! "
Sur ces mots, elle acquiesça, avant de le regarder se relever et lui présenter sa main pour l'aider à faire de même.
Sans un instant de réflexion, elle se contenta de glisser la sienne au sein de cette large main d'homme, non sans délicatesse. Elle ne saurait dire pourquoi, mais elle appréciait le contact de cette peau rugueuse, qui parlait presque à la place de son possesseur. Dans un pâle sourire, elle se releva donc, et une fois debout, avisa son interlocuteur avec insistance et pourtant, douceur.
D'un geste simple de la tête, elle le remercia pour ce geste qui pourrait sembler singulier, alors qu'il n'était qu'une preuve que les hommes biens existaient encore de par ce monde corrompu.
Et lorsque leurs doigts se délièrent, ce fut presque avec une once de déception. Mais il n'était pas temps de flancher. Cet homme n'était encore qu'un inconnu, et elle ne connaissait de lui que sa langoureuse et séduisante apparence qui, il fallait le dire, l'avait charmée.


" Eh bien ... je crois que je n'avais encore jamais fait une rencontre aussi agréable dans ce genre d'endroit et avec un temps aussi magnifique. "
Il était parvenu à lui arracher un nouveau sourire, à la fois embarrassé et charmé.

" Je pense que la réciproque est vraie... Êtes-vous conscient tout de même que vous êtes parvenu à arracher bon nombre de sourire à une jeune femme venue se recueillir sur la tombe de défunts chéris ? "

A nouveau elle lui souriait, d'un air enjoliveur et gracieux à la fois. Elle lui était reconnaissante, d'une certaine façon, de la tournure qu'il avait fait prendre à sa journée.

Quelques secondes, elle se permit de détacher son regard de cet homme impétueux, et avisa le ciel d'un air quelque peu songeur. Elle réalisait enfin que s'ils s'étaient croisés en ces lieux, c'était sans doute parce que lui aussi était en mal de défunts. Elle se demanda alors qui il avait bien pu perdre, et si ce vide laissé était la raison d'un regard si clos et secret...


" Vous ... enfin.... je... "
Elle tourna son visage fin vers lui et l'avisa quelques instants. Qu'étaient-ce donc que ces hésitations ? Elle ne savait qu'en penser, et réalisa soudainement qu'elle ne connaissait vraiment rien de lui... Était-il hybride, vampire ou même... Chasseur... ? Rien que cette idée lui glaça le sang.... Quelques secondes... Pas beaucoup plus. Qu'est-ce que cela pouvait-il faire qu'il soit un chasseur ? Le temps était radieux, l'atmosphère douce et agréable, et cet homme, séduisant... Vivre au jour le jour quelques heures durant, n'était-ce finalement pas possible pour elle ?

# Ça n'est pas parce que j'ai peu de chances de mourir immédiatement que je ne suis pas capable de cela... Et puis... Pourquoi se voiler la face alors qu'il pourrait tout simplement être un être humain tout ce qu'il y a de plus normal...? Attendris-toi donc un peu, ma douce... Juste le temps d'une rencontre. #

" Boarf, laissez tomber... je vais pas davantage vous faire perdre votre temps... "
Que se passait-il, soudain ? Pourquoi un tel retournement de situation se produisait-il après toute cette chaleur et cette attention qu'il lui avait insufflé ?
Peu à peu, son sourire s'effaçait, et l'expression de son visage s'avéra quelque peu confuse. Elle ne voulait pas le laisser partir. Elle ne pouvait pas faire ça.
Alors, dans une tentative, elle lui lança d'un air voilant sa déception :


" Est-il réellement convenable de s'entretenir ainsi avec une inconnue et de repartir sans même lui avoir donné son nom ? "

Elle le fixa, longuement, avec insistance. Elle voulait qu'il lise dans ses yeux cette formelle intention de le garder à ses côtés quelques minutes, voire quelques heures de plus. En quelques secondes, elle avait occulté sa déception et faisait désormais montre d'un sourire à la fois amusé et pourtant si charmant. Elle voulait qu'il ait le désir de rester, juste un instant de plus.

" ... De toute façon ... Vous êtes très loin de me faire perdre mon temps, alors... Je me demande plutôt s'il serait convenable que moi je vous laisse partir. "
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Ian Englehorne

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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Sam 24 Avr - 23:48

Le courant passait étrangement bien avec cette inconnue. Trop bien, même. Il aurait tellement aimé pouvoir s'en réjouir sans se faire ronger par cette fichue culpabilité. La culpabilité du survivant comme l'appellent les psychiatres... Ne plus pouvoir contempler le doux visage d'une femme sans recevoir une dizaine de poignards dans le coeur, et apercevoir devant ses yeux celui d'une femme aux longs cheveux blonds, lui arrivant jusqu'au milieu du dos. Et des prunelles qui vous transportaient une âme... Ne plus pouvoir s'imaginer continuer à vivre avant de se rendre compte, qu'égoïste ou pas, on n'avait jamais le choix. Le suicide n'était en aucun cas envisageable. Tout sauf ça. Si il y avait bien un acte qu'il trouvait lâche, déplacé et abominable, c'était bien de mettre fin à ses jours. Jamais, jamais, jamais. Alors il se forçait. Il mangeait, même sans appétit. Il dormait, même avec l'envie de passer la nuit à traîner dans les rues. Il travaillait, même sans apercevoir l'intérêt d'amasser billets et contrats.
Il avait envie de savourer l'offre du sourire de cette beauté sans déplorer sa perte et ainsi se confondre en questions. Il se torturait l'esprit, se demandait si il était un homme bien ou un simple pourri qui recommençait déjà à parler aux femmes, après seulement un an de deuil.
Un an. Qu'était-ce, en trente-trois... non, bientôt trente-quatre ans d'existence ? Il inspira profondèment, et détourna très brièvement le regard. Céderait-il à la tentation de relâcher la pression, le poids sur ses épaules ? Sans se voiler la face, il était tellement persuadé que Bridgess serait la première à le conseiller de profiter de la vie à nouveau. Il devait la laisser partir ... chose qu'il n'avait peut-être pas encore fait. Après avoir tout juste fini de faire le deuil de son fils, il lui fallait prendre en main ce qui concernait son épouse. Et s'y refusait douloureusement...

Ce fut avec un geste à la fois sec et résigné qu'il jeta son mégot et l'écrasa d'un coup de talon discret que confère en général l'habitude.


" Qu'y a-t-il de plus humain que le désir de conserver pour s'assurer de ne jamais oublier et de toujours aimer ? "

Ne jamais oublier et de toujours aimer... c'était la promesse qu'il lui avait faite. Mais qui n'avait plus aucun sens aujourd'hui ? Pas si sûr. Ah, vivre, retrouver la liberté ailleurs que sur son navire et poser ce fichu sac de briques transporté depuis si longtemps. Un rêve irréalisable, si il continuait dans cette lancée. La grâce que dégageait la jeune femme près de lui finit par avoir raison de ses dernières réticences. Il essaierait de surmonter une première étape, ce serait déjà ça. La confiance qu'elle avait mit dans le simple geste de poser sa main dans la sienne lui avait plu. Une fois de plus : simplicité et naturel étaient les mots du jour. Pas de chichis, ni de minauderie. Et pourtant, c'était bien des doigts de femme : doux et délicats, qui avait rejoints les siens.

" Je pense que la réciproque est vraie... Êtes-vous conscient tout de même que vous êtes parvenu à arracher bon nombre de sourire à une jeune femme venue se recueillir sur la tombe de défunts chéris ? "

Haussant les sourcils, il n'avait pas pensé à ça il fallait l'admettre. Le compliments était flatteur et il donna un petit coup de tête.

" C'est un plaisir... je vous retourne la remarque : je n'étais pas venu à proprement parler me divertir ni faire la connaissance de quelqu'un... "

Il faillit rajouter " ... comme vous... " mais se retint de justesse. Pas la peine de se montrer lourd, alors qu'il lui avait déjà quelque peu imposé sa compagnie. Même si la façon avec laquelle elle le regardait sous-entendait clairement le contraire. C'était pourquoi il avait déjà reculé de quelques infimes centimètres, prêt à lui dire adieu pour ne plus jamais la recroiser, certainement. Mais Paris, si elle avait accueilli des habitants d'une nature extraordinaire, paraissait s'être couverte d'une certaine magie elle aussi. Une magie qui ne croyait pas au hasard, mais plutôt au destin. Les créatures qui parcouraient les pavés de la cité ne se croisaient jamais sans une bonne raison, semblait-il. Il ne voulait pas la quitter, mais se doutait bien qu'elle ne devait rien avoir à lui dire, rencontre sympathique ou non.

" Est-il réellement convenable de s'entretenir ainsi avec une inconnue et de repartir sans même lui avoir donné son nom ? "

Ayant déjà pivoté de moitié, il lui lança un regard dans lequel se lisaient à la fois surprise et espoir. Leurs regards se soutinrent sans faille. Et il devina qu'elle était sincère et que, comme lui, elle se plaisait en sa compagnie. Son sourire acheva de le charmer définitivement.

" ... De toute façon ... Vous êtes très loin de me faire perdre mon temps, alors... Je me demande plutôt s'il serait convenable que moi je vous laisse partir. "

Lâchant un bref rire secouant ses épaules, il adopta une mine à la fois mystérieuse et affectueuse, une sorte de malice au fond des yeux qu'il adoptait quand il se trouvait près d'une demoiselle qui ne l'agacait pas outre mesure.

" Englehorne... Ian Englehorne. 'scusez le nom barbare ! "

Il refit un pas vers elle, et ce simple rapprochement lui insuffla quelque chose de revigorant.

" Si vous voulez ... j'vous paye quelque chose à boire, si vous voulez qu'on ... change d'endroit ? Dans le bar de votre choix, ou à celui de mon hôtel, c'est comme il vous plaira... "

Posant ses mains sur sa ceinture par réflexe, il ajouta, l'air un peu plus tendre et légèrement ironique envers lui-même.

" Je crois que je vais me montrer un peu moins conservateur, aujourd'hui... "

Tendant un bras en direction de la sortir, s'effaçant légèrement devant elle, il lui donnait l'opportunité d'accepter ou de refuser. Cependant, quelque chose lui disait que la tâche serait plus dure dans ce lieu propice au recueillement et au souvenir des défunts...

" ... mademoiselle ? "

Le nom de cette jeune beauté pourrait également être utile.
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Alessa Van Henn

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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Dim 25 Avr - 23:09

Il avait cette attitude étrangement absente qui, parfois, l'intriguait tout autant qu'elle lui plaisait. Elle aussi aimait souvent vaquer à des rêveries lointaines, mais dans le cas de cet inconnu, ça semblait différent. Il ne rêvait pas. Il semblait plutôt... Réfléchir. A quoi, Alessa se le demandait bien. Mais pourquoi se poser telle question, sachant que dans l'immédiat, il ne lui répondrait certainement pas et prendrait ceci comme offense ou atteinte à la vie privée. Ils ne se connaissaient pas encore assez pour qu'elle puisse le faire parler de ce qui se tramait aux tréfonds de son esprit. Mais un jour, peut-être... Qui sait ? Elle espérait déjà tant pouvoir le revoir.

" C'est un plaisir... je vous retourne la remarque : je n'étais pas venu à proprement parler me divertir ni faire la connaissance de quelqu'un... "
Il pleurait donc un défunt, ou peut-être même plusieurs. Alessa se surpris à imaginer le drame qui aurait rendu cet homme si mystérieux et secret, puis se ravisa lorsqu'elle se rendit compte qu'il avait peut-être tout simplement été comme cela depuis toujours. Après tout, elle était bien placée pour savoir qu'il ne fallait jamais se fier aux apparences...

L'instant d'après, il s'en retournait, craignant de n'être qu'une gêne pour la jeune femme qu'elle était. Alors qu'il commençait déjà à lui tourner le dos, elle sentit sa jubilation d'avoir trouvé quelqu'un de normal et d'agréable avec qui sympathiser s'envoler. Elle ne voulait pas qu'il parte. Autre chose, mais pas cela, pas tout de suite. Elle voulait simplement quelques instants de plus... Peut-être pour lui montrer le bout de femme qu'elle était et le charmer assez pour le faire rester à ses côtés quelques temps de plus...
Mais finalement, il se ravisa lorsqu'elle l'invita à lui donner son nom, puis finalement à rester. L'espace d'un instant, elle avait cru n'avoir pas trouvé les mots justes pour le retenir ; mais finalement, elle avait su faire, et se félicitait elle-même d'avoir toujours eu une bonne maîtrise de l'éloquence.

# C'est dans des moments pareils qu'on se rend compte Ô combien cela peut être utile #


" Englehorne... Ian Englehorne. 'scusez le nom barbare ! "
Barbare ou pas, peu lui importait. Elle avait craqué lorsqu'il avait si légèrement oublié de prononcer son 'e' et s'était contenté d'une fine des plus adorable. Si encore il avait prononcé ces mots avec un air rustre et d'une voix rauque ou grinçante, cela n'aurait pas eu le même effet. Mais là, tout de suite, elle avait eu l'image d'un petit garçon au minois si délicat qu'elle en savourait presque déjà le goût exquis en le sachant homme.
Ian...
Après s'être brièvement présenté, il exécuta un pas en avant, et cette proximité nouvelle avec lui lui inspira un nouveau sourire conquis et irrépressible.


" Si vous voulez ... j'vous paye quelque chose à boire, si vous voulez qu'on ... change d'endroit ? Dans le bar de votre choix, ou à celui de mon hôtel, c'est comme il vous plaira... "
Une invitation à se connaître autour d'un verre ? Elle ne pouvait refuser cela. Quel sacrilège cela aurait-il été si elle avait omis un sentiment négatif à cet égard ? Ç'aurait été comme refuser de prendre un bonbon étant enfant... Tout simplement ridicule.
Aussi s'enquit-elle d'un sourire vague mais pourtant très expressif. C'était comme si elle voulait cacher une joie qui, d'elle-même, se présentait.


" Vous vivez à l'hôtel, alors?, rétorqua-t-elle. Un verre si gentiment offert, je ne saurais refuser. Ce serait presque indécent... "

De ce même sourire, elle plongea son regard dans celui de Ian, non sans indifférence. Un verre, en si charmante compagnie... Non, vraiment, ç'aurait été de la folie que de refuser telle invitation.

" Je crois que je vais me montrer un peu moins conservateur, aujourd'hui... "
Elle n'était pas sûre de bien saisir ce qu'il voulait dire, mais au fond, peut-être s'en doutait-elle un peu. Il y avait, cependant, ces questions à ne pas poser. Alors, elle conserva le silence quant à ce propos, et se contenta de hocher la tête avec un fin sourire flottant sur ses lèvres lorsqu'il présenta la sortie de son bras.
Elle se demandait comment les choses allaient se présenter. Serait-ce un simple verre en charmante compagnie ? Ou bien alors plus, qu'elle obtiendrait...
Maintenant qu'elle y pensait, elle ne se refuserait certainement pas à un homme tel que lui, bien que pourtant, cet anneau autour de son doigt aurait tendance à la rebuter.
Mais comment un homme tel que lui pourrait-il s'attarder seul dans les allées d'un cimetière, engager conversation avec une inconnue et l'inviter à boire avec nonchalance alors qu'il serait marié ?
Elle se disait que peut-être, il avait besoin de quelque chose de nouveau... Qu'elle ne lui servirait peut-être pas. Et tandis qu'elle s'oubliait presque à ces vaines pensées...


" ... mademoiselle ? "
Elle l'avisa quelques instants, puis, passant une main désinvolte dans ses cheveux, lui répondit, tandis que dans son esprit, alliance et "conservateur" résonnait tel un échos...

" Alessa. "
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Ian Englehorne

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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Lun 26 Avr - 22:46

Si il hésita un tantinet quant à ce que ce sourire bien mystérieux, presque réservé, voulait dire, la suite ne tarda plus à le convaincre qu'il ne finirait pas la journée seul, mais bien en bavardages autour d'un verre. Curieusement, cette idée l'emplit d'une bonne humeur qui s'avéra ancrée, chassant les dernières zones d'ombre et éclairant de ce fait son visage en un sourire plus franc, moins hésitant... plus libre. A présent, restait à percer la carapace de sa nouvelle connaissance, celle dont tous les inconnus étaient enveloppés avant que le temps et la compagnie ne finissent par la percer, pour la briser tout à fait les années passant.

" Vous vivez à l'hôtel, alors? Un verre si gentiment offert, je ne saurais refuser. Ce serait presque indécent... "

Ses lèvres s'étirérent en coin, le révélant cette fois-ci plus malicieux. Sans s'en rendre compte, il retrouvait une part de sa jeunesse, de vieilles habitudes qu'il avait coutume d'employer autrefois. C"était si naturel, si bienfaiteur. Acquiesçant pour confirmer la réponse de la demoiselle, ils commencèrent alors à marcher tranquillement l'un à côté de l'autre, comme une paire d'amis se connaissant depuis toujours, ou encore un jeune couple serein. Ne manquerait plus qu'ils soient enlacés pour que le tableau soit parfait.

* ... et que les tombes disparaissent ... *

Le cadre n'était pas encore celui qui leur permettrait de se relâcher, d'abaisser leurs barrières respectives, déjà fort peu retorses et agressives. Il compara cette rencontre offerte par le destin avec celle qui avait précédé ici. Mais beaucoup de choses étaient différentes, alors. Et tandis qu'il se perdait à nouveau dans son silence paiible, il ne se doutait pas que l'alliance qu'il avait passé à son annulaire suscitait quelques interrogations timides du côté de la jeune femme. Il tourna son visage vers elle, l'observant discrètement du coin de l'oeil. Elle était réellement séduisante, et la cascade miroitante de ses cheveux attirait son regard, irrésistiblement. Il avait connu une cascade similaire, autrefois ... mais blonde. Et son attention particulière aux cheveux des femmes se confirmait bel et bien, tandis que, devant lui, elle y plongeait des doigts langoureux, dans une attitude à la fois sensuelle et innocente.

" Alessa. "

* Alessa... *

Il fit résonner ce prénom plusieurs fois dans son esprit. Les consonnances étaient fort belles, et le mot en lui-même agréable. Gardant une main posée fermement sur sa ceinture, priant pour qu'aucun mouvement de sa chemise ne vint à trahir la forme de son Magnum adoré, l'autre se glissa à moitié dans une poche, laissant son pouce choir aux abords de cette dernière, alors que les deux jeunes gens sortaient du cimetière, abandonnant derrière eux le sanctuaire dédié au recueillement, à la mémoire et aux pleurs. Sans lui imposer quoi que ce soit, il prit pourtant l'initiative de tourner à droite, longeant le muret gris ceignant le refuge des morts. C'était le chemin le plus court pour regarder l'hôtel, et il avait hâte de se poser pour converser avec elle à loisir.

" Vous savez, vous n'êtes pas la première femme que je rencontre dans le cimetière du Père Lachaise... "

Des mèches grises. Un jour de mauvais temps, où le ciel n'était pas pour autant décidé à laisser couler ses larmes, que formait la pluie. Une figure apeurée, des yeux fuyants... Nelïya.

" Elle était légèrement plus jeune que vous, cependant. Et ... beaucoup moins fascinante, je dois bien l'avouer. Nous logeons au même endroit, et si nous ne partageons toujours pas les mêmes sympathies, mais il faut croire que j'ai de la chance à chaque fois que je me rends ici. "

Se retenant de rougir comme un adolescent, il riva ses yeux dans les siens, lui faisant relever ainsi sa sincérité. Mais que faisait-il, à se mettre à flirter comme un marin en manque d'affection féminine ? Il ne pouvait s'en empêcher, c'était plus fort que lui, et il ne désirait pas lutter à contre courant contre ses pulsions, pour une fois. Entamant un bavardage léger et pour le moment anodin, ils parvinrent enfin à son " chez-lui " lorsqu'il se trouvait à Paris. Lui murmurant de le suivre, ils se retrouvèrent tous deux dans le bar, ventilé et accueillant, ne contenant guère plus que trois personnes, eux deux non compris. La guidant jusqu'au fond de la pièce, l'endroit le plus calme et apaisant où ils ne seraient pas dérangés à coup sûr, il attendit qu'elle se soit installée, avant de prendre place en face d'elle.

" Surtout, prenez ce que vous désirez, c'est moi qui paye. "

Ton chaleureux. Regard pétillant. Et souvenir de Nelïya, qui s'était assise si peu de temps avant ce jour-ci, décidée à lui exposer son point de vue quant à son passé tumultueux et les décisions qu'il avait prises ou non. Il chassa ce souvenir, temporairement, se concentrant sur la jeune beauté.
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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Mar 27 Avr - 19:28

Ils marchaient côte à côte, dans un silence reposant et bien loin d'être pesant. C'était comme une forme de respect mutuel que chacun s'engageait à ne pas enfreindre. Alessa trouvait cela agréable, tout autant que le fait de marcher ainsi, aux côtés de cet homme au parfum suave et à l'allure si inexorablement attirante.
Elle se surprenait à l'observer de temps à autres avec une certaine forme d'appétit, puis se ravisait, simplement amusée de son propre égarement. La journée était belle, et elle se permit de mettre cela sur le compte de ce regain printanier ressourçant.
Puis, tandis que depuis le début de leur marche silencieuse il n'avait mot dit, elle l'entendit prononcer quelques nouveaux mots.


" Vous savez, vous n'êtes pas la première femme que je rencontre dans le cimetière du Père Lachaise... "
Sans aller jusqu'à poser le regard dessus, elle pensa immédiatement à l'alliance qu'il portait autour de son doigt. Etait-ce de cette femme-ci, qu'il parlait ? Ou bien d'une autre...

" Elle était légèrement plus jeune que vous, cependant. Et ... beaucoup moins fascinante, je dois bien l'avouer. Nous logeons au même endroit, et si nous ne partageons toujours pas les mêmes sympathies, mais il faut croire que j'ai de la chance à chaque fois que je me rends ici.
Alessa aurait voulu n'avoir qu'à se focaliser sur l'aspect fascinant que ce Ian impétueux lui avait attribué, cependant, et elle ne pouvait s'en empêcher, d'autres mots de ses propos cinglaient à ses oreilles comme une cloche que l'on y ferait tinter au plus près.
Peut-être ne s'en rendait-il pas compte, mais il insinuait de la sorte avoir déjà séduite une autre femme et désormais vivre avec elle, malgré leur différents. Et si Alessa avait été complètement idiote, elle se serait vexée, se limitant à cette simple pensée. Cependant, elle était bien loin d'être aussi sotte. S'il parlait aussi aisément de cette autre femme, c'est que soit lui était idiote, soit qu'elle ne comptait pas tant qu'on aurait pu le croire au premier abord.
Et le regard que lui adressa Ian lui en dit long sur sa sincérité. Après tout, ne lui avait-elle pas trouvé des airs d'enfants dès le départ ?
Laissant comme un nouveau silence planer quelques longues secondes, elle esquissa un pâle sourire avant de lui répondre, d'un ton calme et insondable.


" J'imagine que ça n'était qu'une rencontre fortuite, tout comme celle d'aujourd'hui... A moins que vous ne soyez de ceux qui rôdent dans les cimetières en quête de veuves éplorées, mais... Je doute que ce soit le cas, sinon, vous êtes bien tête en l'air. "

Tête en l'air, pour avoir gardé son alliance alors qu'il voulait flirter. Voilà pourquoi elle ne croyait nullement en sa seconde option. Il n'avait pas l'air idiot, loin de là, alors... Il était simplement un peu candide, et ça plaisait à Alessa.
Elle ne voulait montrer Ô combien le compliment qu'il lui avait fait concernant la "fascination" qu'elle lui inspirait l'avait touchée. Elle était elle-même fasciné par lui, par ce regard, ces larges mains calleuses, et cet esprit peu singulier.
Lorsqu'enfin ils rejoignirent l'hôtel, Alessa s'installa, à la table où il l'avait menée, dans le coin, dos au mur. Elle aimait pouvoir observer tout ce qui se faisait, quoiqu'il se passe.
A peine assise, elle avisa Ian avec un certain intérêt.


" Surtout, prenez ce que vous désirez, c'est moi qui paye. "

Elle ne comptait pas le ruiner, loin de là. Mais s'il invitait...

" Un Blue Lagoon, alors... Cela fait quelques temps déjà que je n'en ai plus goûté. "

Alessa se gardait bien de boire de l'alcool, voilà la véritable raison de son abstention. Mais aujourd'hui, où elle se sentait bien et en bonne compagnie, elle ferait abstraction de cette règle qu'elle s'était imposée pour ne jamais faire d'erreur. Un blue lagoon, ce serait parfait.
Puis, tandis qu'elle reposait son menton dans la paume de sa main, accoudée à la table, elle observa encore quelques longues secondes ce regard couleur azur que lui offrait Ian. Puis, sur un ton suave, elle reprit alors :


" Vous êtes un homme très séduisant, M. Englehorne... "

Tandis qu'elle terminait sa phrase, elle approcha sa main libre de lui, pour finalement en saisir la délicatesse de sa main gauche. Faisant doucement glisser la sienne de son poignet au bout de ses doigts, elle l'avisa avec profondeur et insistance de son regard couleur nuit. Et tandis qu'elle s'apprêtait à parler de nouveau, elle déposa un doigt sur l'alliance de Ian et, presque sur un ton déçu, ajouta:

" ... Ne me mentez pas... D'accord ? "
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Ian Englehorne

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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Sam 1 Mai - 0:13

Le serveur les avait aperçu, et s'apprêtait bientôt à venir prendre commande. Après s'en être assuré, il se jeta sans peur sous le feu du regard d'Alessa qui le dévisageait sans impolitesse, mais sans désir apparent de détourner les yeux de lui avant un bon moment. L'expérience était plaisante, faisait courir moults frissons le long de sa peau hâlée. La satisfaction de l'ego venait bien, bien loin après. Il y avait si longtemps, de toute façon...

" Un Blue Lagoon, alors... Cela fait quelques temps déjà que je n'en ai plus goûté. "

Ian acquiesça. Pour sa part, ce serait une manzana... Le goût atrocement sucré et acidulé de cet alcool savoureux lui manquait. Et puis, le soleil lui en avait donné l'envie. Une envie d'Espagne, de plage et de langueur... Revenant à la personne assise en face de lui, il salua mentalement sa position, délicate et sensuelle tout à la fois. L'on aurait dit une pose qu'elle aurait pu arborer dans le but de se faire faire un portait. Un air de mystère l'entourait, de ce fameux halo qu'il avait cru percevoir dès qu'il l'avait aperçu dans le cimetière. Elle était belle, ainsi. Leurs yeux étaient comme rivés les uns aux autres. Une lutte qui n'avait rien de guerrière. Un affrontement au visage aimable. Il sentit alors son coeur endurci s'effriter un peu, et s'attendrit devant cette mine juvénile, qui l'embellissait un peu plus.

" Vous êtes un homme très séduisant, M. Englehorne... "

Le rythme de son coeur s'accéléra, tandis qu'une fois de plus, il s'efforcait de garder le contrôle de son expression, du moindre tic qui aurait pu trahir le plaisir de se voir complimenté. Mais il ne se sentait pas encore totalement à l'aise. Le visage de sa femme revenait parfois, occupant tout l'espace de son esprit avant de s'effacer, les contours comme gommés subitement, et la masse blonde de sa belle chevelure disparaissant et se confondant avec le Néant. Esquissant un très discret sourire au coin de ses lèvres, il haussa les sourcils, répondant avec franchise :

" Vous n'avez rien à m'envier... "

Où se trouvaient les limites ? Etait-il dans l'erreur ? Devrait-il renoncer à jouer ce jeu dangereux ou poursuivre dans ces caresses de l'âme sous forme d'une conversation devenant de plus en plus charmeuse au fur et à mesure que les instants passaient ? Quand est-ce que ce maudit serveur se déciderait enfin à prendre commande ? Plus rien n'était clair, tout s'embrouillait et son coeur n'en battait que plus fort encore. Et elle n'allait pas lui faciliter la tâche ...
Alessa fit glisser ses doigts vers sa propre main, se mettant aussitôt à la caresser réellement, impliquant pour la première fois un contact physique prolongé et volontairement destiné à l'apaiser. Les frémissements se saisirent de son corps comme si il ne pesait plus rien. Il se sentait flotter, tandis que le souvenir des étreintes féminines d'autrefois refaisaient surface douloureusement. Toute une vie semblait enterrée loin dans le passé, vouées à l'oubli et au déni. Il s'était renié. Avait fait mine d'ignorer les dix dernières années de sa vie. Et cette femme qu'il ne connaissait pas, avait tout brisé en quelques secondes. Par le seul biais d'un frôlement.

Son autre main se crispa involontairement sur sa cuisse, par-dessus son jean. Devenant de plus en plus fébrile, la surprise se lut clairement sur son visage lorsqu'elle lui lança un regard désespéré, comme guettant la moindre fibre de sincérité en lui. Comme si elle désirait lire en lui, sans secrets. Il ne comprenait pas ce qu'elle désirait savoir. Jusqu'à ce qu'il perçut la finalité de son geste. Elle avait touché son alliance, cette alliance qui le brûlait aussi sûrement que si le métal doré avait été jeté dans les flammes puis passé à son doigt. Son poing se serra, sans pour autant déloger la paume délicate qui caressait la sienne, tellement rugueuse par rapport à elle. Des mains de marin pour sûr... pas de comptable. Il avait décidé de mettre l'anneau aujourd'hui ... pensait-elle qu'il était toujours marié ? Qu'il s'amusait avec elle comme le pire des salauds ? Ce qu'elle lui avait déclaré précédemment lui revint subitement en mémoire.


" J'imagine que ça n'était qu'une rencontre fortuite, tout comme celle d'aujourd'hui... A moins que vous ne soyez de ceux qui rôdent dans les cimetières en quête de veuves éplorées, mais... Je doute que ce soit le cas, sinon, vous êtes bien tête en l'air. "

Qu'avait-elle cru ? Et lui, pourquoi n'avoir pas tiqué en l'entendant faire allusion à son alliance ? Pourquoi ?

" ... Ne me mentez pas... D'accord ? "

Quelle voix ... quel ton. Quelle tristesse.

" Qu'est-ce que j'vous sers ...? "

L'instant fut rompit par le serveur, enfin arrivé près d'eux, et Ian aspira soudainement une grosse bouffée d'air, comme si il avait momentanément oublié de respirer, la poitrine totalement comprimée. Pris de court, il balbutia rapidement :

" Un Blue Lagoon et une Manzana s'il vous plaît ... "

Ils furent servis en moins d'une minute. Et pendant ce laps de temps, leurs mains étaient restés collées l'une à l'autre. Le poids de ce doigt sur son alliance devenait de plus en plus pesant, comme insupportable à soutenir. Lorsque les verres se trouvèrent enfin devant eux, sans gêner leurs mouvements, l'homme s'éclaircit la gorge et parla d'une voix un peu plus rauque qu'à l'ordinaire.

" Ma femme est morte, il y a de cela un peu plus d'un an. "

Sa main libre se détacha presque à regrets de sa cuisse pour avaler une bonne gorgée de cet alcool si doux. Il ne regardait plus Alessa, désormais, baissant légèrement les yeux, vers un point invisible, trop vague pour être aperçu.

" Celle que j'ai croisé avant vous n'était qu'une adolescente... une vampire. La seule raison pour laquelle je m'étais rendu au cimetière du Père Lachaise n'était autre que de me recueillir auprès du souvenir de mon épouse et ... de mon fils. "

Ce petit bout de gosse qui voulait déjà le suivre en mer, tout en manifestant un certain attachemment à la terre... un drôle de bonhomme, déjà intrépide pour son âge et qui faisait la fierté de son père.
Le marin releva enfin la tête vers Alessa, un sourire triste affaissant légèrement ses traits.


" Mais je n'ai plus touché une femme depuis la mort de la mienne... "

Il but à nouveau, poussant un soupir attristé mais résigné, tentant de se reconstituer une mine un peu plus chaleureuse, pour lui montrer que sa présence lui faisait du bien et qu'il se plaisait en sa compagnie. Il fallait bien apprendre un jour à tourner la page, à passer à autre chose. Laissant passer un silence, il ressentit curieusement que lui avoir appris cet événement morbide lui avait fait ... du bien. Il s'était déchargé. Elle savait. Ce serait tout. Le malaise s'éloignait un peu, maintenant.

" Vous êtes... une femme magnifique. "

Il manqua de rougir de son audace. Il n'avait pas simplement déclaré cette phrase pour chasser l'ambiance terrible qui aurait pu gâcher ce moment d'intimité avec elle.
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Alessa Van Henn

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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Mar 4 Mai - 19:02

Il y avait cette main qui, sans offense, restait sous l'étreinte de celle, fine et blanche, d'Alessa. C'était une étrange sensation qui, bien qu'elle les retiennent, faisaient naître en son sein une multitude de frissons à la fois agréables et reposant. Elle aurait presque voulu que cela n'ait de cesse, que, d'un coup, le temps s'arrête, lui laissant l'opportunité de contempler ce regard cristallin des heures durant, et de sentir la chaleur de sa peau dans le creux de sa main, et son suave parfum enivrer ses sens. Elle avait connu des hommes, oui. Mais bien peu lui avaient inspiré tant.
Elle parcourait de son regard chacun des grains de peau qui ornaient le visage de ce bellâtre, comme si elle cherchait, d'une certaine façon, à en connaître la complexité par coeur.
Elle aurait pu le mirer des heures durant. A n'en pas douter...

# ... Ne me mentez pas ... #

Les mots résonnaient encore dans sa tête, comme pour lui rappeler leur possible acerbité. Il ne lui avait rien avoué de concret, alors comment pouvait-il lui avoir déjà menti ?
Elle savait qu'il ne faisait que potentiellement cacher des points de sa vie... Mais il avait ses raisons. Et elle-même, faisant la même chose, ne pouvait que le comprendre.
En réalité... Ses quelques quatre mots qu'elle avait prononcé avec une certaine pointe de déception, ces mots-là, ils étaient la véritable interrogation qui n'osait encore s'enfuir d'entre ses lèvres : "Ne me faites pas miroiter des choses que vous ne sauriez m'offrir, car si une autre est déjà dans votre vie, alors je préfère encore partir que de la laisser souffrir".
Elle avait de nombreuses fois été une garce. Mais ces affaires-là étaient déjà bien plus compliquées... C'était le "travail". Et pour le "travail", il fallait savoir jouer aux traînées...
Cet homme n'avait rien à voir là-dedans. Elle ne voulait pas même imaginer le détourner de sa femme, quand bien même il lui plaisait et avait déjà réussi à conquérir une certaine partie de son coeur.
Du bout de ses doigts, elle caressa presque sans s'en rendre compte la main de son hôte. L'instant d'après, alors qu'elle touchait à son alliance, il serrait le poing, comme en prise à un choix difficile.

# La vérité est-elle si affreuse qu'elle t'en fais peur... ? #

Elle n'osait briser le silence qui s'était imposé entre eux. Elle se contentait de le fixer, non sans émotion. Elle voulait savoir, elle voulait qu'il lui dise "Je suis divorcé, mais j'ai encore du mal à l'accepter", elle voulait ne pas avoir de raisons de s'inquiéter de cette alliance.
Mais il ne répondit pas. Et à la place, le serveur fit son apparition, marquant une rupture nette à ce silence reposant qu'elle appréciait.
Pourquoi donc Ian s'enfermait-il dans le mutisme et refusait de répondre ? Avait-il peur, honte, ou bien désirait-il tout simplement ne pas mentir, et préférait, de ce fait, se taire...?
Elle fut presque déçue du silence lorsque le serveur repartit puis revint avec leur commande.
Presque déçue... Mais finalement, ça n'était pas à elle d'être affectée par cette alliance.
Car la vérité était, en effet, effrayante.


" Ma femme est morte, il y a de cela un peu plus d'un an. "

D'abord, elle sentit son coeur s'emballer, et, inexorablement, sa main se crisper quelque peu par-dessus celle de l'homme qui lui faisait face.
Et l'instant d'après, elle crut se sentir fébrile au point de vouloir fuir le regard de cet homme qu'elle avait poussé à dévoiler si atroce vérité.
Il ne fallait pas qu'il voie...qu'il sache... Elle aurait fait tant pour qu'il ne devine pas sa détresse, derrière ce masque énigmatique et imperturbable qu'elle s'était dessiné.
Elle voulut soupirer, mais se ravisa finalement ; l'instant n'était pas à ce genre d'attitude paraissant parfois désobligeantes.
De longues secondes passèrent tandis que dans sa tête elle réfléchissait à ce qu'elle pourrait lui dire... Elle avait déjà perdu l'amour, mais c'était celui de ses parents... Cela n'avait rien à voir avec le cas présent. Alessa ne le savait que trop bien.


" Celle que j'ai croisé avant vous n'était qu'une adolescente... une vampire. La seule raison pour laquelle je m'étais rendu au cimetière du Père Lachaise n'était autre que de me recueillir auprès du souvenir de mon épouse et ... de mon fils. "
Il avait rompu le silence avant qu'elle-même ne parvienne à saisir des mots assez sensés pour lui exprimer ses sentiments.
Et désormais, voilà qu'elle apprenait qu'il avait eu un fils... Mort à ce jour.
Comment le malheur pouvait-il décider de s'abattre ainsi sur une personne ? Avait-il mérité d'être celui qui resterait ?
Alessa avait toujours haït ce sentiment d'impuissance que l'on pouvait avoir face à la mort. Pourtant, elle, elle savait que c'était le prix à payer : elle serait toujours celle qui resterait.
Mais lui... Qui avait-il offensé pour être ainsi puni ?
C'est alors que sa voix s'échappa d'entre ses lèvres sans vraiment qu'elle n'ait de prise dessus.


" La vie est une belle garce... "

Pour cela, elle savait de quoi elle parlait. On avait souillée sa jeunesse en lui ôtant son lot de bonheur, et par désir de vengeance, elle-même avait rendu la pareille à ceux qui lui avait fait ce mal. Les enfants de tous ces hommes qu'elle avait tué... Viendraient-ils un jour lui rendre, à leur tour, ce qu'elle méritait de droit ?

Doucement, elle resserra l'étreinte qu'elle exerçait sur la main de cet homme enveloppé d'ombre qui avait su la séduire.
Puis, esquissant un vague et triste sourire, elle figea son regard dans le sien qui doucement se relevait avant de laisser à nouveau les mots s'échapper :


" Comment pourrais-je lutter face à un souvenir si fort et si aimé... "

On ne peut rien faire contre les souvenirs, surtout lorsqu'ils laissent une marque inaltérable de leur passage. Sa femme, et son garçon, ils ôtaient à Alessa tout désir de séduire ce Ian... On ne peut rien faire contre un ange. Quoi que l'on dise, quoi que l'on fasse, il est toujours plus fort. Quand bien même elle parviendrait un jour à se faire apprécier plus de cet homme, la seule femme qu'il aurait jamais aimé resterait encore et toujours son défunt petit ange: une rivale contre qui la lutte serait encore et toujours inutile, car désespérée et perdue d'avance.

" Mais je n'ai plus touché une femme depuis la mort de la mienne... "
Avait-elle la moindre chance d'être la première ?
Comment... Mais comment pouvait-elle envisager qu'un homme qui a si récemment perdu femme et enfant puisse vouloir renouer avec le beau sexe ?


" Le temps ne fera pas disparaître la douleur mais... Je me permets d'émettre le souhait qu'au moins il l'apaise. "

Elle avait appris à ne pas formuler de condoléances, car bien trop souvent, on le prenait comme marque de respect plus que comme sincérité. Encore cette hypocrisie malsaine dont faisait preuves les personnes qui n'avaient jamais eu à perdre d'êtres chers.
Alessa, elle, n'avait tout simplement jamais eu à recevoir de tels mots. Elle n'était plus personne depuis l'incident de son adolescence, puisque ce jour-là, elle était morte, de deux balles logées dans son dos : une qui traversa le poumon droit, et une autre qui se logea dans son sternum, après avoir transpercé son coeur. Mourir, elle n'aimait pas ça... Mais voir les gens mourir autour de vous, c'est d'autant plus blessant, si on les aime.

Alessa n'avait toujours pas retiré sa main de celle de Ian, malgré les propos qu'il avait tenu. Et lorsqu'elle s'en rendit compte, elle l'ôta, gênée et la rapporta vers elle.
Cette étreinte qui avait été si chaude et si douce à la fois, serait-elle vue comme une offense au souvenir de cette défunte femme qu'avait aimé cet homme ?

" Vous êtes... une femme magnifique. "
Elle posa à nouveau son regard sur lui, se glissant à peine hors de sa gêne, pour constater non sans plaisir qu'il avait à son tour relevé les yeux vers elle. Cette simple attitude lui procura une sensation de chaleur, comme si le simple fait qu'il daigne la regarder lui prouvait qu'elle n'était pas complètement insignifiante.
A nouveau, sans plus de raisons apparentes, elle sentit son coeur résonner dans sa poitrine.
Cet homme était... Ivresse. Elle glissa son regard de ses yeux à ses lèvres, et, l'espace d'un instant, se surprit à vouloir sentir leur chaleur contre les siennes.
Il était inaccessible ; un fruit défendu, un péché interdit. Elle n'avait pas le droit de pervertir un homme qui avait pu aimer assez pour, un an après, conserver encore à son annulaire l'anneau d'un mariage détruit par la mort.
A cette ivresse là, elle n'avait pas droit.
Elle voulut répondre à ses compliments... Mais elle se savait désormais comme incapable de ne pas tenter de le charmer.
Presque dans un frêle soupir, elle se saisit de son verre, et le porta à ses lèvres pour en goûter l'exquis parfum.
Finalement... Elle fut contente d'avoir choisi alcool.
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Ian Englehorne

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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Dim 9 Mai - 16:08

La chaleur de quelques doigts... La douceur de cet épiderme recouvrant le sien avec une tendresse féminine et quelque chose de maternel... Il y avait bien longtemps que pareille sensation n'avait plus trouvée écho en lui de cette manière. Ah, rester ici éternellement, entre quelques murs comme pour se protéger de la rigueur sans compassion de l'existence. Se fixer, retrouver confiance, paix et compagne.
Cette pensée l'effraya.
Elle n'avait pas été naturelle. Elle ne pouvait venir de lui. La lassitude qu'engendrait la douleur du deuil, même après ces longs mois passés à se chercher une raison de continuer à vivre lui faisait souvent perdre pied, plonger dans des longues périodes de doute où il ne savait plus qui il était et ce qui constituait l'essence même de son être. Il craignait ces instants incertains. Pendant un bon bout de temps, il se martelait en tête qu'il aurait préféré mourir que de vivre enfermé dans un bureau, comme piégé sur une terre qui n'était pas la sienne et qui n'éveillait rien de particulier en lui. Non, son monde était l'océan et le resterait. Ici, dans une ville telle que Paris, il se sentait comme un étranger. Il n'était plus rien qu'un point minuscule parmi d'autres, déambulant sur une route que des milliers et des milliers de personnes avaient empruntée avant lui. Or, il ne voulait pas ça. Sur la mer, pas de ligne toute tracée. Pas de délimitations. Seulement quelques règles claires, précises et qui laissait libre quiconque se décidait à braver ses caprices.

Alors comment expliquer son attachement pour une femme ? Ce renoncement temporaire durant lequel il trompait son premier amour, l'étendue d'eau salée, pour une créature aussi belle que tolérante et clairvoyante. Elle avait tout de suite compris qu'elle ne pourrait l'avoir pour elle seule et l'avait accepté, par amour pour lui. Un compromis tacite passé entre une humaine et la nature. Elle lui était toujours resté fidèle, et c'était quelque chose qu'il ne pouvait pas oublier. Combien de nuits passées à se ronger les sangs tout en se demandant où était Bridgess, si elle dormait ou... si elle était seule.
Mais non. Un engagement solide et décidé avait embelli leur passion. Pas un nuage, et des retrouvailles toujours plus formidables et exhaltantes à chaque fois.

Toute une vie passée à la trappe. Et aujourd'hui, alors qu'il était resté et qu'elle s'était envolé en emportant son fils sous son aile d'ange, pouvait-il se montrer aussi ingrat en lui tournant le dos pour une autre ? Se sentirait-il jamais capable de se regarder dans une glace après coup sans éprouver du dégoût ou un profond mépris pour lui-même ? Pas sûr. Foutues valeurs ... Foutu amour...
Qui chancelaient douloureusement sous le regard dont il était la cible. Ces deux iris magnifiques qui le dévisageaient sans agressivité, et dans lesquels pouvaient se lire trop de choses, dont certaines qu'il ne préférait pas s'imaginer. Il avait parlé. Avait ouvert son sac de briques pour qu'elle puisse apercevoir ce qu'il contenait. Pour qu'elle puisse comprendre ses réactions d'homme décalé, d'un autre siècle, perdu dans un système social et économique qui le dépassait et le rebutait tout à la fois. Il ne voulait pas se cacher. Mais n'avait plus rien à offrir. La seule perle qui l'avait accepté tout entier était partie et ne reviendrait plus.

Et au moment où il songeait à cette épouvantable certitude, un profond frémissement s'empara de lui. Il n'eut pas à baisser les yeux pour comprendre qu'elle le caressait imperceptiblement. Cette femme était une véritable fleur du mal, dans le sens où elle représentait la tentation dans sa nudité la plus totale, sans détour ni chemin dérobé. Effrayant. Il se sentait un Frollo épris d'une Esmeralda. Plongé dans un conflit intérieur, entre coeur et raison, entre corps et tempérance. Jamais encore il n'avait ressenti cela, et un haut le coeur de claustrophobie menaçait de le submerger. Prisonnier ...
Comment allait-elle réagir ? Quelles seraient les conséquences de cet aveu ?
Elles ne se firent pas attendre. De tendresse, ces caresses délicates devinrent plus pesantes. Le glissement des ongles contre sa peau était bien perceptible, de même que la tension qui avait saisi ces ravissantes épaules.

Elle se mit à fuir son regard, et un malaise grandissant accrut son propre trouble. Aurait-il du se taire ? Se fermer ? Mentir ?


" La vie est une belle garce... "

Et encore, elle se montrait bien clémente en ces termes... combien de fois avait-il maudit le Père créateur que prêchait la religion catholique, toujours vivante à travers les générations successives de sa famille ? Sans être un véritable croyant et pratiquant, l'espoir avait toujours tenté de se frayer un chemin en lui. La question d'un après l'avait maintes fois obsédée... et il avait définitivement perdu le restant de foi lorsque la mort avait frappée. Pas de cette façon... on ne pouvait parler de justice céleste. Il s'était senti profondèment trahi, déçu. Il avait abhorré l'humanité. Il repoussait tout ce qui relevait de l'ordre du divin, désormais.

" Comment pourrais-je lutter face à un souvenir si fort et si aimé... "

Ainsi, c'était cela ? Un homme veuf ne l'intéressait pas ? Le corps aurait été donc si facile à vaincre par rapport à l'esprit ? Il poussa un infime soupir. De toute façon, il se demandait quelle mouche l'avait piqué. Jamais encore il n'avait suivi une femme avec tant de passion subite pour une inconnue. Cette envie de demeurer près d'elle, cette attirance perceptible par ces deux êtres un beau jour dans Paris... rien de sensé. Rien qui ne lui ressemblait. Ils finiraient leurs verres, papoteraient encore un peu, puis disparaîtraient chacun de leur côté. Lui avec le regret de reprendre une vie solitaire, elle soulagée d'un poids, qui sait ...?
Ah, si seulement ce désir de se jeter à corps perdu dans une aventure possible avec elle pouvait l'abandonner aussi subitement qu'elle s'était glissée en lui ! Ces yeux posés sur lui le fixaient, le brûlaient, faisaient naître en lui des pensées impures.


" Le temps ne fera pas disparaître la douleur mais... Je me permets d'émettre le souhait qu'au moins il l'apaise. "

Faire comme si de rien n'était. Comme si cette fleur de tentation n'avait jamais fait preuve d'une grâce sensuelle à ses côtés.

" Merci... "

Que répondre d'autre ? Trop de silence s'était déjà imposé lors de leur entrevue. Et malgré la voix faible employée pour s'adresser à elle, une rage contenue bouillonnait dans ses veines. Il était un homme et avait le droit de continuer à vivre. Si Dieu n'existe pas, alors tout est permis. Se perdre également.

Céder ou Résister.
Vivre comme un monstre ou Mourir en homme bien.
Ou plus concrètement ... l'inviter à monter dans sa chambre, ou la laisser repartir à jamais.

Leurs mains toujours posées l'une sur l'autre se séparèrent, de l'initiative d'Alessa. Toute la chaleur emmagasinée sembla disparaître d'un seul coup, le laissant seul, désemparé. Décidé à la provoquer pour sonder ses véritables sentiments vis-à-vis de cette situation impossible, il haussa les sourcils en portant également son verre à ses lèvres.


" Je suppose qu'un homme veuf n'est subitement plus à votre goût... "

Un goût amer sur sa langue. Les traits légèrement crispés par la douleur de se voir repoussé par la faute d'un passé qu'il n'avait pas choisi. Une rebellion, un défi lancé au Ciel et à lui-même furent sans doute ce qui le fit étendre discrètement sa jambe. Son pied frôla volontairement celui de son interlocutrice, s'y frottant insensiblement. Son regard bleuté ne quitta pas une seule seconde le sien.

" Vraiment dommage... "

Il but à nouveau, les doigts tremblant d'excitation et d'appréhension. Loin de vouloir se montrer grossier, il désirait simplement la faire réagir, être sûr de ce qu'il interprétait ou, mieux, se faire détromper.

" Et vous, Alessa...? Un homme dans votre vie ...? "

Plus les secondes passaient, plus il la voulait pour lui. Pour se persuader qu'il n'était pas fini. Une pulsion vieille comme le monde, qui embrasait tous les hommes. Cette volonté de se prouver qu'ils pouvaient toujours plaire aux femmes ...
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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Mer 12 Mai - 16:04

Un soudain frisson d'angoisse, et un profond ressentiment d'amertume...
Pourquoi ? Pourquoi avait-il, ainsi, mal interprété ses mots ? Pourquoi est-ce que, d'un coup, il avait fait naître en Alessa un étrange sentiment d'anxiété, de culpabilité, et de gêne ?
Avait-elle si mal prononcé ses mots pour qu'ainsi il se méprenne ? Ou bien était-il tout simplement lui-même amer de nature ? Non... Elle ne pouvait y croire. Pas ainsi, pas comme ça.
Ça n'était qu'un malentendu. Un triste, et malheureux malentendu.
Quelle douleur pouvait avoir cet homme, pour ainsi se dévaluer et manquer de confiance de la sorte ?
Elle n'osa baisser les yeux, pourtant, elle ne désirait que cela, se dégager de ce regard qui désormais la brûlait jusqu'aux os. Elle se sentait comme honteuse de lui avoir inspiré telles pensées. Elle, désintéressée des hommes veufs ? Quelles raisons y aurait-il à cela ? Pourquoi une femme refuserait-elle de s'abandonner aux bras d'un homme qui par le passé aurait déjà aimé, et vu la mort l'emporter ?
N'était-ce pas comme devenir parent après avoir vu les siens s'en retourner vers l'au-delà ?
Elle se sentait incapable de quoi que ce soit, comme paralysée par les propos acerbes de cet homme qu'elle désirait sans même le connaître.
Elle réalisait, bien malgré elle, qu'elle refusait qu'il ait une opinion si basse et mesquine d'elle. Elle le voulait pour elle ; mais pas si de tels préjugés l'accablaient avec fausseté.
Son regard, brillant au gré des rayons du soleil, témoignait de cette impuissance soudaine, et de cette détresse abrupte qui s'était emparée d'elle. Sur la table, sa main se crispa, sans qu'elle ne put ni la retenir, ni la dissimuler.
Bien malgré elle, elle déchiffra la crispation des traits de l'homme qui lui faisait face. Elle ne voulait pas l'avoir blesser sans même qu'il n'y ait eu lieu d'être. Elle voulait pouvoir lui dire qu'il se trompait... Mais serait-elle seulement capable de mieux choisir ses propos, pour cette fois ?


" ... Je ne pense pas que le passé ait son mot à dire ... "

Elle peinait à trouver les mots qui détromperait ce Ian au visage délicat, et au regard couleur océan. Elle perdait presque subitement confiance en elle-même, comme s'il avait trouvé l'ultime moyen pour la déstabiliser.
Si seulement il ne se méprenait pas, et si seulement elle parvenait à mieux s'exprimer face à ce regard à la fois exquis et pourtant si accablant.
Elle peinait... Mais un geste, un seul, surprenant, et pourtant si agréable, aida à la hisser hors de son désarroi. Il cherchait désormais le contact par dessous la table, alors que quelques instants auparavant à peine, il la déstabilisait, la provoquait...
L'espace de quelques secondes, elle parvint à détourner son regard du sien, et se permit de clore ses yeux. Elle inspira, expira, se ressaisit, et esquissa sans presque le vouloir un frêle sourire aux racines encore instables.


" Vous m'avez séduite, monsieur Englehorne, et ça ne changera pas, quoi que vous soyez ou ayez fait dans votre vie.
Je vois en vous un homme qui, tellement aimant, conserva son alliance malgré tout ce qui le séparait de sa femme. Vous êtes celui dont toutes femmes rêverait. Comment pourrais-je ne pas vouloir de cela... "

Elle avait l'impression de se mettre à nu devant un inconnu, et de ce fait, avait pourtant l'impression de le connaître depuis toujours.
C'était une rencontre qu'elle-même ne saurait jamais s'expliquer. Mais une seule certitude la tenaillait encore : elle ne le laisserait pas lui échapper.


" J'aurais voulu être aimée comme le fut votre femme, Ian. Mais si c'est vous que je veux, je ne le serai jamais...
...
Mais je me refuse malgré cela à vous laisser m'échapper. "

Elle n'aimait pas faire montre de trop de franchise quand des phrases simples pouvaient suffire.
Mais elle ne voulait pas le laisser s'en aller sans avoir pu lui dire cela, sans avoir pu se saisir de cette opportunité.


" Et vous, Alessa...? Un homme dans votre vie ...? "
Elle mira quelques instants les passants aller et venir par delà les fenêtres, puis, elle laissa un fin sourire naître sur son visage, et d'un air presque intimidée, répondit à sa question.

" J'ai rencontré un homme un après-midi dans un cimetière. Je me souviens l'avoir vu se pencher sur la stèle de personnes qui m'étaient chères, et avoir saisit les effluves discrètes de son parfum, et les étoiles éteintes de son regard azuré. Je me souviens m'être surprise à sourire en constatant ces airs juvéniles et pourtant si attirant qui étaient les siens. Et je me surprends désormais à lui avouer que toutes ces petites choses m'ont charmée et prise au piège sans que je ne puisse rien faire pour y échapper.
Il n'est pas un homme dans ma vie, car il n'est encore presque qu'un inconnu. Mais c'est à lui que je pense quand je cherche réponse à votre question.
Vous savez tout, maintenant. "

Elle se sentait comme une adolescente dévoilant à celui qu'elle admire qu'elle voudrait lui offrir son premier baiser.
Posant désormais son regard dans le sien, elle le soutint, de longues secondes durant, tandis que sur ses lèvres, toujours, flottait ce sourire étrange qui était le sien.
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Ian Englehorne

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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Sam 22 Mai - 0:11

" ... Je ne pense pas que le passé ait son mot à dire ... "

Le mépris à la fois insolent qu'il portait à l'encontre de lui-même et du destin qui se fichait de lui s'effrita aussitôt. Son visage perdit de son expression suffisante et provocatrice, pour laisser place à celle d'une réflexion qui l'atteignait de plein fouet. Cette simple phrase remuait beaucoup de choses. Et avait-elle raison ? Devait-on tirer un trait sur le passé ou conserver le culte du souvenir et le devoir de mémoire ? Les vivants devaient-ils continuer comme si de rien n'était ? Ou rester accrochés à ce que leur esprit voudrait bien retenir de l'image de l'être défunt mais aimé avec autant de désespoir ? Oh, enfin en finir avec les fantômes et autres spectres, revivre et se laisser aller. Se sentir heureux en apercevant un rayon de soleil, se lever pour soi-même et non plus par dépit. Une tentation bien innocente en apparence... Mais Ian faisait partie de ces hommes qui ne savaient pas laisser faire les choses. Qui ne supportaient pas la sensation de ne plus contrôler leur vie et de s'abandonner aux moments éphémères mais grisant que l'existence apportait au quotidien. Ce genre de petits bonheurs lui était insuffisant, et il préférait de loin ces longs voyages en mers, qui eux, duraient et le faisaient prospérer. Mais il n'était pas seul... le monde extérieur était là, guettant le moindre signe de faiblesse pour le mettre à terre.

Il s'était toujours persuadé de cette idée.


* L'enfer, c'est les autres ... *

Mais il n'avait jamais pu vivre seul. Il avait aimé sa famille, et aimait son équipage plus que lui-même. Avec toute la mauvaise foi du monde, il n'arrivait jamais à reconnaître sa capacité de vivre en reclus.
Il n'avait pas quitté la fille des yeux. Troublé. Chamboulé dans sa vision des choses. Et si elle avait raison ? Si la culpabilité, qu'il se représentait comme un énorme sac de briques, n'attendait de lui que de poser ce dernier ? Ce serait tout bonnement trop beau.

Mais la façon dont elle avait réagi à ce pied frottant lascivement son vis-à-vis l'enhardissait encore à sauter le pas, à franchir une étape symbolique dans sa vie. Il se rappelait un jour d'un vieil ami lui ayant déclaré :


# On a tous le droit à un nouveau départ... #

Si les raisons de cette maxime lui avaient échappées sur le moment, il avait depuis longtemps médité ces mots, porteurs d'espoir.

" Vous m'avez séduite, monsieur Englehorne, et ça ne changera pas, quoi que vous soyez ou ayez fait dans votre vie.
Je vois en vous un homme qui, tellement aimant, conserva son alliance malgré tout ce qui le séparait de sa femme. Vous êtes celui dont toutes femmes rêverait. Comment pourrais-je ne pas vouloir de cela... "


Un étrange frisson vint naître dans sa nuque, le secouant imperceptiblement. Destabilisé, il se rendit compte qu'elle l'avait touché là où bien peu de femmes hormis la sienne étaient allées chercher. Elle flattait à la fois son égo masculin, sa fidèlité indéfectible, et l'homme qu'il était avant tout. Alors, son sourire revint. D'abord hésitant, puis plus affirmé. Comme si le doute commençait à s'envoler, aspiré loin, très loin de lui et de son désir grimpant pour cette femme rencontrée une heure plus tôt. Quelle folie ... Folie ? Quelque chose était passé entre ces deux êtres, indéniablement. Et tout poussait à ne pas lutter une seule seconde. Ils n'étaient ni des anges, ni des bêtes, et qu'avaient-ils à perdre ? Rien qui ne soit pas vain...

" J'aurais voulu être aimée comme le fut votre femme, Ian. Mais si c'est vous que je veux, je ne le serai jamais...
...
Mais je me refuse malgré cela à vous laisser m'échapper. "


Son coeur s'accéléra. Mais curieusement, moins de douleur que d'excitation. Qui était-il pour s'entendre de pareils compliments ? Il avait la sensation curieuse d'avoir croisé le chemin d'une jeune femme étonnante. En elle, trois créatures paraissaient somnoler tout à tour. Une femme tout ce qu'il y avait de plus normal, chaleureuse et sensuelle, ainsi qu'intelligente. Une femme ingénue et délicate, ravivant en lui un désir de protection et de tendresse. Et une femme ... surprenante. Dominatrice, comme si elle avait l'habitude de se servir lorsqu'elle désirait prendre quelque chose.
Fascination. C'était le mot.
Elle passait du sourire enjôleur au battement de cils timide, de la démarche assurée aux joues rougissantes. Sans la quitter du regard, il termina son verre, tâchant de penser à autre chose qu'aux images qui risqueraient de commencer à défiler rapidement devant ses yeux si ils continuaient à jouer tous les deux à ce jeu aussi dangereux qu'exhaltant.


" J'ai rencontré un homme un après-midi dans un cimetière. Je me souviens l'avoir vu se pencher sur la stèle de personnes qui m'étaient chères, et avoir saisit les effluves discrètes de son parfum, et les étoiles éteintes de son regard azuré. Je me souviens m'être surprise à sourire en constatant ces airs juvéniles et pourtant si attirant qui étaient les siens. Et je me surprends désormais à lui avouer que toutes ces petites choses m'ont charmée et prise au piège sans que je ne puisse rien faire pour y échapper.
Il n'est pas un homme dans ma vie, car il n'est encore presque qu'un inconnu. Mais c'est à lui que je pense quand je cherche réponse à votre question.
Vous savez tout, maintenant. "


Et ça recommencait. Il ne savait pas se situer par rapport à elle. N'y arrivait pas. Et cela le perturbait beaucoup. Il n'avait pas l'habitude de se poser ce genre de questions en temps normal. Cette demoiselle sortait du lot. Attisait davantage sa curiosité de la posséder, de la connaître, de percer cette étrange carapace dont elle semblait entourée, jouant tour à tour un personnage différent.
Au bout de longues secondes durant lesquelles les deux êtres se mirèrent l'un dans l'autre, comme deux adversaires se jaugeant, Ian ne put s'empêcher de lui rendre son sourire et, constatant qu'elle avait également terminé son verre, il déplia ses jambes et se leva avec mesure. Contournant aisèment la petite table qui les avait séparé durant cet entretien ( un des plus atypiques qu'il eut vécu dans son existence ), il lui tendit la main.

Pas besoin de paroles. Hormis un discret et presque tendre :


" Venez... "

Sortant de la salle, il la guida jusque dans le hall, ne lâchant pas sa petite main et, dédaignant l'ascenseur, entama la montée des marches à ses côtés. Le geste était symbolique.

# Le meilleur moment dans l'amour, c'est quand on monte l'escalier. #

Il se sentait revenir en arrière. Dans les années folles et insouciantes de l'adolescence, durant lesquelles on ne se soucie que de l'opinion que les autres auront de soi, de l'amour qui viendra peut-être un jour et de la sève qui monte dans un corps bouleversé par les tempêtes de la puberté. Ce temps, qui semblait si loin, reprenait corps maintenant. Aujourd'hui. A la seconde.
Ils grimpèrent palier après palier. Jusqu'à parvenir à l'étage où était Sa chambre. Stoppant devant la porte, il se retourna et lui fit face. Son regard était devenu plus ... perçant. Ardent, peut-être. Son corps raidi par un renouveau qui se saisissait un peu plus de lui à chaque instant fut sûrement ce qui lui fit lever une main ...

... et caresser la joue à la peau d'amande de celle avec qui il se préparerait à affronter l'avenir.

Ian ne se souvint jamais quand est-ce qu'il décida de poser ses lèvres sur celles, vermeilles, d'Alessa, ses paumes de marins encadrant son visage de porcelaine...


Dernière édition par Ian Englehorne le Mer 26 Mai - 23:56, édité 1 fois
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Alessa Van Henn

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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Mer 26 Mai - 23:56

Une bien étrange sensation que ce regard qui la fixait. Elle voulait n'avoir jamais à détourner les yeux de ces deux prunelles azurées. Elle voulait toujours pouvoir contempler ce sourire exquis, ces traits virils, et ces airs juvéniles.
Elle avait envie de caresser sa main, encore et encore, l'effleurer du bout des doigts puis l'empoigner jusqu'à la mort ; elle voulait sentir le contact, comme s'il pouvait être, à ses yeux, une preuve immuable d'un lien nouveau tissé entre ces deux êtres charnels.
Elle voulait posséder cet homme, dans tous les sens du terme. Elle le voulait sien, et craignait qu'il ne lui échappe comme un poisson passé entre les mailles du filet.
Elle parlait, et elle sentait, ou du moins espérait, que ses mots l'atteignaient et qu'elle n'était plus seule à ressentir tel déchirement intérieur.
Elle découvrait une peur inconnue jusqu'alors: celle de voir s'échapper un trésor qu'elle aurait à peine eu le temps d'effleurer d'un regard, d'un revers de main...

Elle ne voulait pas se sentir si faible et impuissante face au destin, et pourtant, déjà, elle se sentait obligée de lui avouer, par des mots plus que par des regards et des sous-entendus, ce sentiment qui à la fois l'exaltait et l'effrayait.
Après tout... Combien de temps ? Une heure ? Peut-être deux ? Comment une telle rencontre, qui aurait pu passer si inaperçue, était-elle en train de chambouler sa journée ?
Elle qui jamais encore ne s'était laissée attraper dans de tels filets... Elle qui toujours déplorait l'idiotie de ceux qui s'y abandonnaient...
Était-ce une rencontre du destin ? Ou simplement un hasard plus que fortuit qui offrait à sa journée un soleil plus éblouissant encore que celui qui déjà rayonnait au dehors ?


" Venez... "

Elle ne l'avait presque pas vu venir. Quand s'était-il relevé de sa chaise ? Et quand avait-elle engloutit son verre ?
Elle resta muette l'espace d'un instant, muette et sourde aux appels de l'extérieur. Elle ne comprenait pas comment elle avait pu laisser une quelconque image lui échapper. S'était-elle tout simplement trop perdue dans son regard si exquis et dans ses propres pensées ? Sans doute oui... Comme avant... Quand elle était enfant.
Elle ne sut quelle attitude arborer lorsque la main de cet homme délicieux se tendit vers elle, l'invitant à l'accompagner. Alors, lasse de réfléchir, elle laissa son instinct l'emporter. Et en silence, dans la grâce du félin, elle glissa sa main dans la sienne et se redressa de sa chaise.
Elle le laissa la guider au travers de la salle, puis du hall, sans jamais jeter un seul regard vers l'arrière.
Toujours, inlassables, ses yeux étaient rivés sur ces deux mains liées qui ne semblaient déjà plus vouloir se séparer.
Elle voulut lui demander où il comptait l'emmener et ce qu'il comptait faire... Mais à quoi bon poser telles questions lorsque la réponse se tient déjà présente dans votre esprit ?
Elle le vit se détourner de l'ascenseur pour lui faire emprunter les escaliers, et l'en remercia presque d'un regard persistant.
Se laissant presque traîner la patte à l'arrière, elle exaltait cet instant. Celui où, muée dans le silence, elle pouvait ouïr la régularité de sa respiration, son air déterminé et, toujours, sa main tenant la sienne, si frêle et si pâle...
Inconsciemment, subrepticement, elle laissa ses doigts caresser les grains de peau de cette main si chaude qui étreignait la sienne. La sensation en était si douce, si délicate, si... Agréable.

Et puis... Ils s'arrêtèrent. Dans un couloir. Devant une porte.
Et ce qu'il advint ensuite, la laissa pantoise, comme sous l'effet d'un charme insaisissable dont elle ne pouvait se défaire.

D'abord, elle sentit la chaleur d'une main gracile venue se glisser sur son visage, et après un échange de regards qui en disait long sur leurs désirs mutuels, elle sentit ce que jamais elle ne crut pouvoir sentir.
D'abord, elle sentit son coeur s'accélérer lorsqu'elle vit son visage s'approcher du sien, puis, alors qu'il venait déposer ses lèvres sur les siennes, elle sentit tout son corps s'enhardir, secoué ça et là de frissons qu'elle-même ne s'expliquait pas, comme si, ce baiser-là, était finalement le premier qu'elle donnait de toute sa vie... Une impression de renouveau adolescent. Comme si, d'un coup, elle avait été propulsée dix ans en arrière, à l'époque où la séduction n'est plus une question d'avenir et de responsabilités, mais simplement un jeu.
Au premier abord, elle ne sut qu'offrir en réponse à son corps enflammé, puis finalement, elle se laissa aller, donnant à ses membres libre-cours à leurs envie.

Ces mains portées à son visage... Elle aimait tant cela... Leur chaleur... Leur délicatesse... Elle se sentait comme du cristal à protéger entre elles...

Et ce baiser... Elle voulait s'en délecter comme s'il était le dernier qu'elle pourrait jamais avoir. Il avait tout: la sensualité, la chaleur, la passion et la timidité à la fois, la candeur, puis la virilité...

Elle était comme une enfant entre ses mains. Incapable de bouger, incapable de répondre. Et pourtant, elle aimait tant cela... C'était la caresse, l'étreinte qu'elle craignait de ne jamais pouvoir recevoir.
Et finalement... Alors qu'il s'apprêtait à la relâcher, à lui redonner cette liberté qu'il pensait peut-être lui avoir ôté, elle rouvrit les yeux, intérieurement. Il était temps de se réveiller. C'était maintenant que le poisson risquait de s'échapper du filet... Pouvait-elle risquer cela ? Et surtout... Pouvait-elle risquer de mettre un terme à un moment si délectable ?
En un instant, elle sentit son propre corps s'élancer avec ardeur contre celui de ce Ian qui la submergeait d'émotions et de sentiments aussi fous qu'incompréhensibles. Elle sentit l'étreinte que ses bras refermaient doucement sur la nuque chaude de cet homme, comme irréelle et pourtant si exaltée...
Et tandis qu'elle prolongeait non sans envie et plaisir ce baiser qu'elle voulait lui rendre avec fougue, elle saisissait les effluves de son parfum, si masculin, si délicat, si...
Elle voulait pouvoir s'abandonner à ses bras comme un pantin à son marionnettiste.

Et le temps passait sans qu'elle ne put ni ne voulut se détacher de cette étreinte charnelle... Pourtant, vint un instant où elle le fit. Elle détacha ses lèvres de celles, si douces et fragiles de cet homme qu'elle exaltait tant. De longues secondes durant, elle soutint son regard, le provoqua, le mis au défi, tout en lui offrant milles tendresses. Et l'instant d'après, elle murmurait quelques mots à son oreille, sans que jamais ses bras n'aient relâché de cette étreinte...


" Tu n'as plus le droit de m'oublier, maintenant... "

Elle sentit presque les larmes monter à ses yeux lorsqu'elle prononça ces quelques mots. Elle avait peur. Peur qu'il ne voit en elle qu'une amourette d'un jour, la première à lui faire oublier, l'espace d'une nuit, cette ange disparue qu'il avait tant aimé. Elle avait peur qu'en lui cédant il la possède le temps d'une étreinte, et s'en retourne, à nouveau ombre, à nouveau inconnu, sans jamais plus chercher à la revoir...
Pourtant, plongée dans cette étreinte qu'elle craignait éphémère, elle souriait.
A la fois triste, et aux portes du bonheur...
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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Dim 30 Mai - 0:46

L'étreinte resta un moment comme suspendue dans l'air, au moment où ses lèvres avaient rencontrés celles, délicates, d'Alessa. Son coeur explosa à cet instant. Ce simple contact parut foudroyer son être tout entier. Et enfin, il sentit qu'elle prenait part à ce baiser, qu'elle le lui rendait munie d'une sincérité touchante, désarmante. Oui, c'était le mot ... elle l'avait complètement désarmé. Avec une innocente sournoiserie, elle l'avait pris par derrière et avait assomé tous ses réflexes défensifs, ses humeurs belliqueuses et ses distances maintenues avec les femmes. Une paire d'heures avait suffit à effacer un an de résolutions fermement adoptées. Alors que fallait-il en déduire ? Que cette créature était réellement extraordinaire, ou bien qu'il n'était rien de plus qu'un être faible ? La première hypothèse ne l'aurait pas surpris le moins du monde ... Ainsi, il sut cueillir ce fruit du péché. Eve ou Adam, quelle importance ? Ce qui comptait, c'était de mordre en plein coeur de cette tentation accessible et offerte, bien que dangereuse.
Elle était si belle ... paraissait si pure ... Qu'il puisse prendre conscience de ses actes, à savoir embrasser une telle beauté que l'on ne devait croiser que rarement dans sa vie semblait relever de l'impossible. L'on aurait dit qu'il ne touchait plus le sol. Qu'il planait avec elle, loin, loin de Paris et de sa région sombre et pluvieuse, loin de ses milliers de toits qui, pour lui, se ressemblaient tous. Loin de ses rumeurs, de ses fanatiques, de ses monstres et de ses souvenirs. Blotti contre elle, leurs corps brûlants de désir l'un pour l'autre, ils étaient complètement seuls au monde, comme ils l'avaient été dans le cimetière. Car oui, les gens n'existaient plus autour d'eux. Le silence bercait les prémices de cette union charnelle si accueillante...

Soudain, quelque chose de nouveau prit forme.
Ce n'était plus seulement lui qui les guidait tous les deux. Le petit bout de femme niché contre son corps de marin commençait à imposer sa marque, se pressant contre lui davantage. Cet abandon, plus frappant qu'un aveu qui aurait pu sortir de cette jolie gorge, le toucha aussi sûrement que sa grâce naturelle l'avait fait. Une grâce qui n'avait rien d'humain, à bien y réfléchir... Alors, pendant que ses bras venaient enfermer dans leur abri de chaleur le corps délicat de cette belle inconnue, l'idée, douce et caressante, lui vint qu'elle n'en était peut-être pas une. Une hybride... son instinct lui soufflait qu'il embrassait une hybride...
De ses doigts fins, elle vint caresser sa nuque, et provoqua ainsi une explosion d'un millier de petits frissons s'écoulant partout dans son corps, délicieusement. Elle l'avait ensorcelé... tout bonnement ensorcelé.
Non, il ne se résignait pas à la relâcher. Il voulait la garder pour lui, comme si la savoir appartenant à un autre que lui n'apparaîtrait pas autrement que comme un sacrilège intolérable.

Ce fut elle qui rompit le charme. C'était elle qui menait la danse. A bout de souffle, Ian eut l'impression qu'il s'était arrêté de respirer totalement avant de sentir l'oxygène submerger ses poumons douloureux. Ebahi de ce qu'il venait de faire, il dut pourtant se rendre à l'évidence : son coeur s'était fait voler avant même qu'il ait pu le réaliser... Lui qui avait crut que c'était impossible. Mais non ... il ne pouvait pas déjà retomber amoureux, alors que la femme de sa vie reposait en terre depuis moins de quinze mois ! Non, non, ce ne pouvait être qu'une passion éphémère... et qui ne diminuait en rien l'attrait qu'elle exerçait sur lui. L'homme ne détourna pas ses yeux des siens. Il y cherchait peut-être des réponses. Il manqua de rougir sous ce fier regard qu'elle lui adressait, mais tâcha de lui faire honneur en ne cillant pas. Seule ses joues, prenant une teinte d'un rouge nuancé, annonçait la gêne et la timidité qui n'étaient jamais bien loin, lorsque ses étreintes amoureuses devenaient plus sérieuses que celles rencontrées un soir de beuverie.
Comment résister à ces iris-là ...?
Toujours enlacés, cette déesse venue du ciel se pencha à son oreille, pourvue d'une sensualité à l'image du reste : fabuleuse.


" Tu n'as plus le droit de m'oublier, maintenant... "

Désarçonné, il se mit cette fois-ci pour de bon à rougir, comme l'aurait fait un eunuque devant celle qui le possédait. Jamais une femme ne lui avait parlé ainsi... n'avait manifesté avec autant de franchise son désir de le posséder. Comment aurait-il pu l'oublier ? Pourquoi aurait-il désiré l'oublier ? Elle était un joyau qu'il avait trouvé dans cette capitale hostile. Un joyau qui lui porterait chance, qu'importe l'avenir qui s'annonçait.
D'une voix devenue rauque par l'émotion et empreinte d'hésitation qui n'avait rien de révélatrice, il souffla à son tour :


" Je ... n'en avais pas l'intention... "

Il appuya ses paroles d'un sourire léger, tendre, qui effleura à peine ses lèvres. Mais assez longtemps pour qu'elle puisse y lire sa sincérité. La maintenant serrée contre lui, Ian fit descendre sa main dans le creux de son dos, libérant l'autre afin de sortir maladroitement ses clefs de sa poche, ses doigts rendus fébriles par la situation. Il ignora comment il réussit à déverrouiller sa porte, mais, dans un silence complice et tendre, s'effaça pour la laisser passer, refermant sans violence le panneau derrière eux, et le geste lui rappela curieusement une couverture que l'on rabat sur deux corps luisants de la sueur de l'amour. La métaphore le stupéfia, et il s'efforça de bannir ces images indécentes de sa tête ... sans succès.

Il avait envie d'elle.
Elle avait envie de lui.

Aussitôt que le confort de la chambre de Ian les enveloppa dans une deuxième bulle d'intimité, il se rapprocha aussitôt d'elle, comme si l'éventualité de la laisser s'éloigner de lui le terrifiait. Sa main chercha à nouveau la sienne, et leurs doigts s'entrelaçèrent. Les portant à sa bouche, il baisa le dos de celle d'Alessa, ses yeux relevés vers les siens, comme il l'aurait fait pour jurer, et sceller une promesse entre eux. Puis, rabaissant leurs poignets, il se pencha et posa ses lèvres dans le cou parfumé de la belle, son nez frôlant sa peau d'albâtre.


" J'ai envie de vous ... "

Son bras l'entoura de nouveau, et sa poigne se referma sur la courbe de sa hanche, tandis qu'il se mettait à l'embrasser, parsemant de petits baisers ce cou parfait.

" Alessa... "

Il perdait pied, mais avant de céder à un abandon définitif, il devait savoir... savoir si son sixième sens ne le trompait pas. Relevant la tête vers elle avec une ferveur qu'il ne se connaissait pas, il lui demanda dans un murmure :

" Etes-vous une hybride...? "
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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Jeu 3 Juin - 16:50

La pression de son corps contre celui de cet homme qui lui avait fait oublié jusqu'à même la prématurité de leurs gestes enveloppait la jeune féline d'un désir différent de tous ceux qu'elle avait pu éprouver jusqu'alors. Elle se sentait comme fébrile, fragile entre les bras de cet ange soudain, comme si le moindre geste brusque était capable de la briser en un seul instant.
Et pourtant, elle n'avait pas de passé aussi lourd que le sien, ses sentiments ne se perdaient pas, déchirés entre l'amour d'une femme avec qui il donna la vie et vécut plusieurs années durant, et une autre, à la connaissance si éphémère... Elle ne voulait pas voir, ni connaître les mots de vérité enfermés dans le coeur de cet homme. Elle voulait simplement vivre ; vivre un quelconque amour, qu'il le veuille et éphémère ou éternel... Peu importe, elle se laisserait porter par lui.
Était-ce de la pure folie ? Sans aucun doute... Mais à quoi bon se priver de pensées aussi absurdes et pourtant si chaleureuses. Elle se sentait si bien, perdue dans cette étreinte, à s'abandonner entre les effluves de cet homme au coeur d'or, et au regard de cristal.
Peu importe qui il était, peu importe ce qu'il faisait: elle le voulait pour lui, ne serait-ce que pour une journée, ou plus, si la fatalité se gardait de les séparer.
Pourtant, elle ne savait rien de lui... Était-il de ceux qui, traqués, se réfugiaient dans Paris espérant aveuglément se protéger du mal du monde, ou bien était-il de ces traqueurs qui, au contraire, profitait de la réputation de la ville pour organiser un véritable génocide ? Comment pouvait-elle s'assurer de son identité ? Et s'il n'était qu'un simple humain, comme en trouve encore, devrait-elle craindre qu'il soit de ceux qui sont ses ennemis et qu'un jour elle sera forcée d'affronter ?
Non... Non. Elle ne voulait avoir à se poser telles interrogations. La seule chose qui comptait à l'heure actuelle, c'était elle et lui, et rien d'autre. Ils n'étaient que tous les deux, enfermés dans leur bulle, leur nouveau monde, et dans ce monde-là, ils s'abandonneraient l'un à l'autre, sans jamais se soucier des menaces extérieures, de la vérité, ou du mensonge.


" Tu n'as plus le droit de m'oublier, maintenant... "

A ces mots, elle s'était laissée aller contre lui un peu plus, et avait attendu de longues secondes durant avant de venir croiser son regard à nouveau. Au fond, peut-être avait-elle peur de la réponse qu'il pouvait lui apporter. Pourtant, ce qu'elle vit lorsque son visage fit face au sien fut la plus belle des réponses.
Un homme, dans toute sa complexité, rougissant... Elle avait devant elle la réplique parfaite de l'homme avec qui elle aurait voulu s'imaginer une vie: un homme sensible et réactif. Un homme qui ne prenait aucun mot à la légère, et qui était sans doute capable de la comprendre par delà ses sous-entendus et insinuations trop bien dissimulées.
Elle ne sut si elle parvint elle-même à cacher sa joie lorsque sa réponse se glissa jusqu'à son oreille.


" Je ... n'en avais pas l'intention... "

Il avait hésité, certes, mais Alessa n'était pas assez dupe pour voir là une hésitation emplie d'amertume. Elle savait déchiffrer les regards, les tonalités de voix, et les expressions faciales. Et cet homme, celui-là... Il ne mentait pas.
Et le sourire tendre qu'il lui adressa ne fit que la renforcer dans cette idée. Elle le voulait pour elle, et elle seule.
Et alors qu'elle se remettait à peine de la profondeur des mots et du regard de ce Ian, voilà qu'il la serrait plus encore contre lui, laissant ses mains se glisser dans son dos avec une chaleur qui n'aurait peut-être pas dû être là, tandis que d'un mouvement, il déverrouillait la porte de ce qui devait être sa chambre et s'y glissait avec elle, avant d'à nouveau les enfermer dans leur intimité.
En un instant, elle se cru rougir. Elle se sentait comme une adolescente qui, venant de faire le mur, s'en était allée rejoindre dans son humble demeure son amant, pour une tendre nuit d'amour.
Était-ce là ce qui les attendait ? Quoiqu'il en soit, elle ne saurait dire non à un être tel que celui qui contre elle se pressait. Depuis combien de temps ne s'était-elle pas laissée aller à de tendres caresses au coeur de bras masculins ? Bien trop, déjà, sans doute... Et elle ne refusait en rien qu'il soit à nouveau le premier, depuis bien longtemps.

Lorsque tous deux furent enveloppés de cette nouvelle bulle d'intimité que constituait la chambre, elle sentit le regard azuré du bellâtre brûler sa peau à la manière si douce d'un être passionné. Elle voulut s'approcher de lui plus encore, mais il la devança, en cela qu'il se saisit de ses mains, laissa leurs doigts s'entrelacer comme pour amorcer une tendre étreinte, et en baisa le dos, les yeux rivés sur la féline demoiselle. Et si elle était comme incapable de rougir plus, son regard, brillant, répondait à ses yeux couleur océane par plus de chaleur encore.
Et, dans un silence de maître, elle sentit son souffle chaud courir sur la peau pâle de son cou, et perçut les quelques mots qu'il lui adressait, comme une demande inavouable et pourtant avouée...


" J'ai envie de vous ... "

En un rien de temps, son coeur se mit à battre à tout rompre, comme désireux de briser cette poitrine qui le retenait prisonnier et d'aller s'en rejoindre l'être qui, ainsi face à elle, faisait naître d'innommables sentiments en son sein. Comment pouvait-elle se retenir encore de ne pas dévorer cet homme de plaisir, alors qu'il lui offrait tant d'émotions en pourtant si peu de temps...

" Alessa... "

L'entendre prononcer son nom, tandis qu'elle sentait l'étreinte se resserrer et ses tendres baiser nichés dans le creux de son cou... C'était un plaisir jubilatoire qu'elle ne se lasserait pas de découvrir encore et encore...
Tandis qu'elle sentait son souffle chaud courir sur sa gorge pâle, son visage se portait presque inconsciemment vers le ciel, tandis que ses yeux se laissaient clore, accompagnés de toute une nuée de frissons plus agréables et désirables les une que les autres...
Pourtant, ce qu'il s'apprêtait à lui dire avait quelque chose d'effrayant, et elle n'était pas sûre de vouloir l'entendre... Mais les choses étaient ainsi... Incontrôlables...


" Etes-vous une hybride...? "

L'espace de quelques longues secondes, elle crut que son coeur s'était arrêté de battre.
Ramenant ses yeux sur cet être qui semblait l'emporter sur sa raison, elle ne fit pas montre de cette faiblesse soudaine qui s'était emparée d'elle: que voulaient dire ces mots ?
Tandis que dans sa tête la confusion prenait place, son visage, lui, restait impassible, si bien, que lentement, elle y fit naître un sourire en coin, à la fois charmeur et peut-être empli de défi.
Approchant ses lèvres de celles, si douces et exquises, de Ian, elle lui murmura alors comme unique réponse :


" Hybride ? - et après un court silence où elle lui offrit un frêle baiser, elle reprit - Quel animal verriez-vous donc en moi...? "

Elle ne voulait pas que tout s'arrête. S'il était chasseur, elle ne voulait pas le savoir, pas maintenant. Et s'il posait simplement cette question au hasard, alors qu'importe, en rien il ne mettrait fin à ce moment si délectable auquel elle voulait s'abandonner.
Et tandis que son regard était plongé dans celui de son hôte séduisant, elle se saisit de ses mains larges, et les fit glisser sur ses hanches, ses côtes, puis leur permit d'effleurer sa poitrine avant de les guider jusqu'aux boutons de son chemisier. Là, elle le laissa maître de ses actes, s'abandonnant définitivement à lui, et l'invitant de ce fait à la prendre toute entière...


" Il semblerait que j'ai envie de vous... Moi aussi. "
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Ian Englehorne

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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Dim 6 Juin - 0:34

Oh, voilà qu'elle rougissait. Loin de s'en sentir goguenard, il fut touché de l'apparente sensibilité de cette femme qui répondait si bien à toutes ses sollicitations. Tous deux se laissaient à la fois emporter par un tourbillon d'émotions incontrôlables, mais avec une grâce et une infinie élégance, telle qu'il n'en avait jamais connue. Et si, comme l'annonçait le proverbe, ses yeux étaient réellement le miroir de son âme, elle devait être resplendissante, et le mot était bien faible. Ces iris brillants et d'une couleur incomparable le rendait fébrile, et aussi maladroit qu'un jouvenceau. Bien à lui, Ian était sûr que son imagination n'abusait pas de lui, et croyait pouvoir affirmer que le coeur de la demoiselle, appuyé contre son propre torse, battait à une vitesse folle : de la même manière que le sien. De plus en plus enhardi, il se forcait pourtant à imposer une certaine réserve dans la plupart de ses gestes, et si il n'avait pu se retenir de poser ses lèvres contre cette gorge exquise, il avait désiré par-dessus tout qu'elle croie à ses bonnes intentions : à savoir la respecter et faire montre de pudeur, même à travers ce désir foudroyant.

A la fois fière, belle et offerte à ses soins, l'homme se rendait compte qu'il avait affaire au genre de femmes qui le séduisait et dont il admirait les charmes. Car, munie de la beauté et de l'intelligence, à quelle créature dans le monde pouvait-on bien résister ? Qui plus est sous une nature d'homme ?
Pourtant, au moment où il avait posé cette question qui, pour lui, était on ne peut plus innocente, il l'avait senti frémir sous ses doigts. Se redressant afin de soutenir à nouveau son regard, il n'y lut pas de désarroi, mais une certaine prudence qui fit naître une vague d'inquiétude modérée en lui. Avait-il fait un faux pas ? S'était-il trompé et avait-il pris pour une hybride une simple humaine comme lui ou, pire encore, une chasseuse ? A cet instant, il aurait voulu la reprendre dans ses bras, la rassurer : que lui importait qu'elle fut humaine ou hybride ? Son coeur lui murmurait qu'elle n'était pas une vampire. Il en aurait mis sa main à couper. Elle ne ressemblait en rien à Nelïya : cette dernière était belle, certes, mais d'une beauté froide et entourée d'une aura différente, plus sombre et plus inquiétante. Alors, quel était le problème ?
Terrifié, il se rendit compte que sa peur du moment était de la perdre, de la voir s'envoler à tire d'aile, loin de lui. Et de ce fait, il se rendit compte à quel point il s'attachait déjà sournoisement à sa présence, ses gestes et ses mots.

Puis, curieusement, elle se mit à lui sourire, comme malicieusement. Sans doute ne pourrait-elle jamais réaliser de la portée de ce sourire sur ses nerfs : la ligne de ses épaules se détendit à nouveau, et il put souffler, expirant tout l'air contenu dans sa poitrine crispée durant cette attente, angoissante.
Ne dissimulant pas son incompréhension, Ian fronça légérement les sourcils. Non, décidemment, il ne comprenait pas ce que cette mine mystérieusement satisfaite signifiait à son égard. Dans tous les cas, cette vision était ô combien séduisante... Alessa se rapprocha de lui, et il crut qu'il fondait alors sur place sous la chaleur qui terrassait son corps des pieds à la tête. Une chaleur étouffante, qui le submergeait, accompagnée de son traditionnel compagnon : le désir charnel.


" Hybride ? "

Leurs lèvres s'unirent à nouveau, et il crut exploser de bonheur durant ce frêle contact, vite rompu malheureusement.

" Quel animal verriez-vous donc en moi...? "

Cette réplique le désarçonna. Il avait raison ... elle n'était ainsi pas complètement humaine. Un court moment, il laissa échapper un sourire franc, soulagé et heureux. Il ne la perdrait pas: elle ne lui en voulait pas de s'être interrogé et, au contraire, provoquait entre un jeu agréable, qui ne tranchait pas avec l'atmosphère chargée de sentiments aucunement dissimulés entre eux. Prisonnier volontaire de sa beauté et de son charme, sous le joug de ces regards enjôleurs, il ne répondrait plus de lui dans quelques minutes. Pas si elle continuait de se comporter ainsi. Il ne lui reprochait rien, bien au contraire.
Au moment où il s'apprêtait à chercher une réponse appropriée, il constata avec stupeur qu'elle s'était sans plus de façon emparée de ses mains, pour les faire se poser sur ses hanches. Au moment où il les toucha, la même sensation qu'une décharge électrique le secoua. Passif, complètement fasciné par cette sorcière du coeur, il crut perdre conscience en frôlant ses seins et les boutons de son corsage.

Elle était à lui ...
Le message était parfaitement clair.


" Il semblerait que j'ai envie de vous... Moi aussi. "

Son coeur battait trop fort.
Son coeur battait trop vite.
Son âme se réchauffait si fort.
Son âme s'abandonnait si vite.

Passionné, il embrassa la belle avec une envie impalpable. Sa main gauche vint se poser sur son sein avec précaution, et leurs langues entamèrent un ballet amoureux, avant qu'il ne se retire lentement et ne se décide à la porter dans ses bras, la soulevant comme si elle ne pesait rien... Et elle ne pesait rien. Avec la même tendresse, il la déposa sur le matelas avec une infinie lenteur, et ce fut sans attendre qu'il se glissa contre elle. Il embrassa ses joues, son front, ses lèvres d'une succession de petits baisers brefs mais fougueux, chacun empreint de la même volonté de ne plus faire qu'un avec elle.
Sa paume se posa sur son ventre qu'il caressa, remontant son chemisier pour le plaisir d'apercevoir son nombril et deux hanches aux courbes parfaitement harmonieuses.


" Vous me faites penser à quelque chose de ... félin. "

Il réfléchissait. Ou du moins tentait de réorganiser le reste de raison qui demeurait en lui pour tâcher d'en venir à des conclusions logiques. Il n'y avait rien d'un volatile dans son compartement. Rien qui ne lui rappelait l'eau. Non... la couleur de ses yeux et leur forme, la souplesse qui se dégageait de chacun de ses mouvements, avait tout pour la faire ressembler à un chat.

" Une sorte de panthère... Je ne m'avancerais sur rien, si ce n'est que vos yeux sont ... enfin... "

Inqualifiables. Palliant son incapacité à aligner trois mots correctement, il se redressa sur un coude pour l'admirer, son nez caressant doucement la rondeur de sa joue à la peau d'amande.

" Quoi qu'il en soit ... c'est un honneur pour un simple humain comme moi de pouvoir toucher une femme comme vous ... "

Il la reprit dans ses bras et lui offrit un nouveau baiser. Long, doux. Lorsque sa curiosité finit par vaincre le bonheur qu'il avait à sentir sa langue au goût de miel, il posa son front contre le sien, soufflant avec langueur :

" Qui êtes-vous ...? "
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Alessa Van Henn

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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Jeu 10 Juin - 16:24

Dans sa tête, des centaines d'images défilaient à une vitesse fulgurante. Elle voyait leurs corps s'entremêler et l'amour les envelopper de son voile couleur passion; elle voyait ces deux êtres qu'ils étaient se perdre l'un pour l'autre, et se retrouver finalement. Elle voyait, tout simplement, qu'elle ne voulait plus rien d'autre que lui, à cet instant.
Ils auraient pu se trouver mêlés à une foule compacte qu'elle n'aurait vu que lui, sans que les autres ne soient rien de plus que des ombres, des brindilles voletant au vent, des courants d'air, dont personne ne se soucie.
Lorsqu'elle sentit la main de ce nouveau prince se blottir avec délicatesse contre son sein, elle se sentit comme fébrile, submergée d'une déferlante de frissons qu'elle ne contrôlait aucunement, à la merci de la moindre caresse, du moindre soupir courant sur sa peau, du moindre éclat se reflétant dans ses yeux...
Était-ce alors cela, qu'on appelait la passion ?

Leurs deux cœurs battaient d'unisson, l'un contre l'autre, comme l'un appelant à l'amour de celui qui, face à lui, ne pouvait traverser le miroir d'ombre qui les séparait, et se contentait de cogner, toujours plus fort, toujours plus vite.

# Laisse-moi goûter au doux fruit du péché #, s'entendait-elle penser sans que ni raison ni esprit ne s'attardent à l'en dissuader.
Elle se languissait presque de lui, de ses étreintes, alors qu'elle le savait contre lui, dans ses bras, sur ses lèvres et dans ses yeux...
Elle se délectait de cette intrusion qu'il faisait en sa bouche, une intrusion à la fois douce et passionnée, un ballet amoureux, une jubilation charnelle...
Chacun des gestes qui animaient cet homme semblaient être fait pour la charmer, la séduire, et la combler. Presque sans cesse, elle se laisser prendre au piège, frissonnante, abandonnée à ses étreintes, comme possédée par lui. Elle voulait pouvoir l'aimer en ce début soirée, et pouvoir l'aimer toujours. Serait-elle capable de cela ?
Si la passion dévorante qui déjà s'était emparée d'elle parvenait à subsister, alors oui, à n'en pas douter, elle l'aimerait... Mais lui... Pourrait-il seulement lui rendre la pareille... ?
Que de futiles pensées... Oubliées presque aussitôt, alors qu'elle se sentait quitter le sol. Le regard de cet homme brûlait sa peau à la manière des si doux et chaleureux rayons du soleil, et ses mains, tout contre elle, la maintenant fermement contre lui tandis qu'il la guidait sans qu'elle n'ait vraiment le choix vers une couche où chacun pourrait enfin s'abandonner à l'autre.
Se voir ainsi portée par cet homme se trouva être une sensation des plus exquises dont jamais, sans doute, Alessa n'oubliera le goût ni la contenance.

Allongée sur le lit, Ian au plus près d'elle, elle entendait encore les pulsations de son cœur résonner dans chaque parcelle de son corps félin. Elle sentit les mains de l'homme qui avait su abattre toutes ses défenses se glisser sous son chemisier, pour ne finalement ne faire qu'en relever le tissu et dévoiler à son regard azuré ses formes graciles de jeune femme. Et en tant que telle, elle se demanda ce qu'elle pouvait bien éveiller en lui, que déclencherait en son esprit cette vision à la fois si simple et pourtant si timide, de sa peau, de son corps, et de ses courbes finement dessinées.


" Vous me faites penser à quelque chose de ... félin. "

Cette fois-ci, elle ne porta pas attention au silence qui s'en suivit car, contrairement à la fois précédente, il n'était ni pesant, ni déstabilisant. Elle lisait la sincérité en ces yeux, l'admiration, même peut-être... Se trompait-elle ? Ça ne lui était que rarement arrivé. Mais pouvait-on vraiment deviner avoir quelqu'un de plus intelligent que vous lorsque cette exacte personne se tient devant vous et joue au même jeu que vous ?
Pourtant, elle ne sentait aucune hostilité envers lui, aucun désir... d'annihilation. Il ne pouvait pas être chasseur...
Ou du moins, s'il l'était... Alors il devait en être le meilleur pour ainsi tromper l'oeil expert de la féline demoiselle...


" Une sorte de panthère... Je ne m'avancerais sur rien, si ce n'est que vos yeux sont ... enfin... "

Elle plongea alors son regard dans celui, tendre et à la fois curieux, de l'homme à qui elle voulait s'abandonner, et dans un souffle, presque timide, répondit à ses propos.

" Mon regard... - elle marque un silence, puis esquisse un frêle sourire avant de terminer - ... Il ne ment jamais. "

Oui, elle était féline. Elle était fière de sa nature et aurait voulu pouvoir arborer fièrement son existence. Mais le destin en avait décidé autrement, et pour parvenir à ses fins, elle se devait, souvent, de dissimuler cette réalité jusqu'au dernier moment... Jusqu'au dernier souffle.

" Quoi qu'il en soit ... c'est un honneur pour un simple humain comme moi de pouvoir toucher une femme comme vous ... "

# Un simple humain ... #

Les mots résonnaient dans sa tête, d'un air reposant et pourtant si déchirant. Quel mal y avait-il à n'être qu'un humain ? Combien auraient donné leur vie pour que leur progéniture, leur famille, leur bien-aimés ne soient que de simples être humain ?
Il ne fallait pas renier sa nature... Il fallait au contraire l'aimer et la tenir en estime. Sinon, à quoi bon vivre sous cette forme... A quoi bon... Exister ?

Alessa glissa un doigt sur les lèvres du bellâtre. Son regard couleur de nuit parcourait son visage comme si elle cherchait la moindre trace d'imperfection. Il était chargé d'émotion, chargé de langueur, de passion, d'ivresse, mais aussi de curiosité, d'inquiétude et peut-être même... De tristesse...

# Et que serai-je, moi... Quand le simple humain que tu es décidera qu'il ne peut aimer l'extravagance que je suis... #


" Vous n'êtes pas un simple humain, M. Englehorne... Pas à mes yeux. Vous auriez pu le rester si nous n'avions fait que nous croiser. Mais ça n'a pas été le cas...
Ne vous rabaissez pas au rang de banalité... Car vous êtes tout sauf banal... "

Elle le sentit alors se presser plus contre elle et ses bras l'étreindre à nouveau. Dans son regard, elle pouvait lire la tendresse, et d'autres choses encore, presque méconnues alors.
Une fois de plus, il déposa ses lèvres sur les siennes, et l'embrassa, enveloppant le couple de passion ardente et d'exquise délicatesse.
Elle aurait souhaité que jamais rien ne s'arrête. Qu'ils restent là, amouraché l'un à l'autre, sans que jamais rien ni personne ne soit capable de les séparer.
Déposant son front contre le sien, elle l'entendit alors ses murmures siffler dans l'air, telle une lame lancée par un maître danseur.


" Qui êtes-vous ...? "

Elle l'observa, silencieuse, mystérieuse...

# Je ne suis même pas sûre de le savoir moi-même... #

Elle esquisse un pâle sourire, et vient poser ses lèvres contre son cou aux effluves enivrantes.

# Fut une époque où l'on m'appelait Sofia... Mais désormais... Je ne suis plus elle. #

Se délectant de cette peau douce contre laquelle court son souffle chaud, elle l'y embrasse, comme on embrasserait un amant parti depuis trop longtemps. Puis un murmure.


" Je suis féline. Mais je suis avant tout une femme. "

Elle détacha ses mains de la musculature marine de Ian, et dégrafa, un à un, les boutons de son chemisier, dévoilant petit à petit ce corps qui était le sien : D'abord un décolleté aux empreintes agréables, puis deux boutons plus bas, une poitrine, ni généreuse, ni laissée pour compte, subtilement dissimulée par deux balconnets aux couleurs sombres ; quelques boutons de plus, et elle dévoilait ses côtes, le creux de sa taille, la courbe de ses hanches, et les fins tracés de ses muscles d'athlètes saillant par delà son ventre clair.
En un rien de temps, elle s'était dévoilée à lui.
Déposant une main sur son torse, elle plongea son regard sombre dans le sien. Et tandis que d'un profond baiser elle amorçait la descente, lente mais assurée, de cette main à sa ceinture, de nouveaux murmures, eux, s'échappèrent d'entre ses lèvres pourpres.


" Aimez-moi... Ne serait-ce que dans l'étreinte d'un soir... "

Et dans un cliquetis sourd, elle détachait la ceinture de cet homme qui l'enivrait de par sa simple présence.
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Ian Englehorne

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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Lun 14 Juin - 0:12

Quel bonheur que l'étreinte d'une femme qui vous appelle, corps et âme.
Quelle surprise que de sentir son coeur que l'on croyait définitivement flétri rebattre à nouveau avec toute la vigueur d'un homme dont l'amour de la vie ne s'était jamais tari, quoi qu'il en fut de son existence saccagée. L'acte charnel vieux comme le monde prenait tout son sens ici. Ils ne se connaissaient guère, ne savaient rien l'un de l'autre. Ils avaient parlé ensemble moins de deux heures et pourtant, cela sonnait comme une évidence. Ils devraient fusionner, ne plus former qu'une seule entité pour se sentir complet. Repousser ce qui apparaissait comme irréfutable aurait été plus qu'un crime commis envers la nature : ç'aurait été repartir blessé, souffrant, hésitant et malhabile dans un monde redevenu hostile et froid. Où seraient alors passées la chaleur du souffle et la tendresse passionnée d'Alessa ? Comment faire comme si rien ne s'était déroulé, comme si tous deux n'avaient jamais fait connaissance dans un cimetière, alors que des milliers de pas avaient déjà foulés les chemins pavés du Père-Lachaise sans que leurs propriétaires respectifs ne s'accordent un seul regard ?

Ce besoin d'elle, violent et dévorant, prenait le pas sur sa raison. Il n'y avait plus de retour en arrière possible. Avec l'exhaltation d'un enfant franchissant des interdits mineurs, son corps d'adulte brûlait sans modération pour cette déesse de l'amour eros : sans commune mesure. Elle dégageait une force étonnante, et Ian avait deviné depuis longtemps qu'il s'agissait de ces femmes qui refusaient de se laisser marcher dessus et dominer par la gent féminine. Sans pour autant revendiquer ou clamer haut les forts les idées d'une Simone de Beauvoir, elle serait fermement attachée à mener sa vie comme elle le désirerait : sans contrainte ni autre loi que celle imposée par la République et la sienne. Qui sait, respectait-elle réellement les règles de cette dernière ? Avec une telle diablesse, il n'aurait juré de rien.

Qu'est-ce qu'elle était belle, bon sang ! Il ne savait pas quelle partie de son corps lui donnait le plus envie d'y poser les yeux. Quelle était la chose la plus ravissante qui attirait son attention. Ses beaux yeux l'hypnotisaient. Son visage était celui d'une poupée de porcelaine du plus fin ouvrage. Ses lèvres ... un appel aux baisers. Sa silhouette était on ne peut plus féminine : à la fois riche en courbe et voluptueuse, mais gracile et sensuelle. Quant à sa voix ... sa voix ... Perché à ses lèvres, il se sentit aussi impuissant qu'un papillon de nuit attiré par la lumière. Oui, décidémment, cette métaphore lui revenait en tête de manière lançinante. Il n'y avait aucune douleur : seulement une prise de conscience. C'était la meilleure, la plus belle, la plus concise qui lui permettait de mettre des mots sur ce qui se déroulait entre eux. Cependant, il espérait tout simplement ne jamais s'y brûler les ailes. Elle le regardait comme une mère contemple son enfant conçu dans l'amour. Comme une amante qui remerciait son compagnon après une nuit d'amour. Comme une soeur protégeant son cadet au sein d'une famille guidée par l'amour.

Amour, Amour, Amour.

Cette femme semblait avoir été créée dans ce seul but.


" Mon regard... ... Il ne ment jamais. "

Il émit un sourire à la fois attendri et timide. Encore une fois, il se rendit compte qu'il peinait grandement à se situer par rapport à elle. C'était parfaitement destabilisant et en-dehors de ses habitudes, mais un grand philosophe avait un jour déclaré qu'"Une âme habituée est une âme morte ".
Tout de même, au fond de lui, l'humain se savait secoué. Il s'apprêtait à faire l'amour avec une hybride ... lui, qui avait été à deux doigts d'intégrer la caste des chasseurs. Il se félicita de son bon sens : jamais il n'aurait été à sa place parmi cette foule de fanatiques. Il n'avait rien de particulier contre leurs proies : seulement contre les vampires.


* Et encore ... on ne peut pas dire que ma situation avec Nelïya soit désormais très conflictuelle ... *

Nelïya. Où était-elle actuellement ? Qu'aurait-elle pensé de tout cela ? Serait-elle revenue à la charge en s'efforçant de lui expliquer que leur union était non seulement nécessaire pour lui, mais bénéfique pour tous deux en tant que personne ? Il la chassa rapidement de ses pensées pour se concentrer sur l'unique chose qui éclairairerait la fin de cette journée sublime.
Ian sursauta lorsque la créature de rêve posa son index sur ses lèvres. Sans réfléchir, il posa une succession de petits baisers sur ce doigt délicat avant de le coincer entre ses lèvres, le mordillant et le suçant tour à tour avec malice. Ces caresses étaient brèves, mais pourvues d'une réelle dévotion.


" Vous n'êtes pas un simple humain, M. Englehorne... Pas à mes yeux. Vous auriez pu le rester si nous n'avions fait que nous croiser. Mais ça n'a pas été le cas...
Ne vous rabaissez pas au rang de banalité... Car vous êtes tout sauf banal... "


Il ne put se retenir de rougir comme un adolescent. Au fond de lui, il savait qu'il n'était pas banal, véritablement. Il s'était volontairement marginalisé en décidant de tracer sa route d'une manière opposée à celles empruntées par les hommes de ce milieu du vingt-et-unième siècle. Il avait une manière de penser qui irritait, faisait hausser les sourcils ou titillait la conscience des gens qui l'entouraient. Alors oui, en ce sens elle avait raison : il était différent.
Ses baisers dans son cou manquèrent de le rendre définitivement fou d'elle. Il lâcha un soupir d'extase, rauque mais profond, qui venait du coeur. Il frissonna par vagues, convulsivement. Il défaillait ...


" Je suis féline. Mais je suis avant tout une femme. "

Il était difficile de faire abstraction de sa nature, pourtant. Il se demanda quelle forme était la sienne lorsqu'elle se transformait. Oserait-il un jour le lui demander ? C'était une curiosité qui n'avait rien à voir avec du voyeurisme. Simplement, elle le fascinait. Et surtout, il ignorait comment il réagirait face à cette magie qui ne lui serait jamais coutumière. Beaucoup de choses étaient capables de le rendre blasé et indifférent ... mais pas ça.
Se redressant, quelle ne fut pas sa surprise de la voir se dévêtir. Elle dégrafait son chemisier avec une lenteur comme calculée : il ne pouvait pas ne pas faillir et céder à ses charmes. Ses seins se devinaient aisément. Il brûlait d'envie de toucher cette chair délicieuse et moelleuse, douce et maternelle. De faire naquir en elle un bonheur immense, jusqu'à la porter vers l'extase.
Presque sans élan de véritable pudeur, elle s'offrait à lui avec une sincérité désarmante et touchante.

Perdu dans cette contemplation, il ne remarqua que tardivement qu'elle avait posé la main sur son torse ... et la faisait descendre dangereusement. Trop dangereusement ... Il ne parvint qu'à grand peine à soutenir son regard. Sa paume finir par atteindre un but intime, qui le fit soupirer à nouveau.


" Aimez-moi... Ne serait-ce que dans l'étreinte d'un soir... "

Totalement dépassé, un puissant élan de désir l'enflamma et il ne put que se pencher pour l'embrasser encore et encore.

Le marin ne réfléchit plus à partir de ce moment. Ce fut en cette belle journée ensoleillée qu'il fit l'amour à une femme, hybride de surcroît, après des mois de doute et de quête désespérée. Ce jour-là, le passé fut oublié et les fantômes relégués à leurs tombes. Ce jour-là, l'homme qu'il avait été repris le dessus sur l'épave qui avait subsisté depuis lors.
Alessa Van Henn et Ian Englehorne ne firent plus qu'un dans un total abandon de cet univers destructeur et impitoyable. Tous deux étaient les victimes d'un système qui cherchait à les broyer, eux et leur essence propre.

Briser un homme qui s'écarte du troupeau.
Briser une femme trop différente pour l'intégrer.

Ils se vengèrent sûrement de la vie qui les avait punis de fautes qu'ils n'avaient pas commises. Par elle, il redécouvrit les plaisirs et les mystères de l'amour, et ce fut dans un ultime gémissement de plaisir que le prénom de sa compagne s'éleva dans cette chambre d'hôtel... aussi banale qu'il avait cru l'être lui-même.
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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Lun 14 Juin - 14:45

Sentir ses caresses glisser avec langueur sur sa peau, ses regards l'envahir d'une douce chaleur, et son souffle chaud lui transmettre mille et un frissons.
Elle s'était abandonnée à cet homme, et rien ne lui faisait regretter ce choix. Désormais, elle était à lui, ils ne faisaient qu'un.
Le désir qui la submergeait et la noyait presque quelques instants plus tôt, venait désormais à se changer en plaisir, puis en extase.
Elle sentait son corps tout entier s'enhardir sous les baisers et les caresses qu'il lui offrait. Elle était comme bouillonnante de l'intérieur...
Comment décrire ce délice que lui offrait ce talentueux et passionné Ian ? Comment le décrire, quand il suffit de le vivre.
Pour la première fois de toute sa frêle existence, elle n'eut plus l'impression de réfléchir à ce qu'il adviendrait ensuite, au déroulement des choses... Elle n'eut plus à réfléchir tout court. Il obnubilait tout, son corps, et son esprit.
Ils s'aimaient, à la manière physique de deux amants juvéniles désireux de se perdre l'un dans l'autre, peut-être pour oublier, ou peut-être pour se souvenir.

Elle l'embrassait en milles endroits, offrant ses lèvres aux siennes comme une corne d'abondance offrirait mets en opulence. Ses mains frêles et délicates parcourait son corps, à la fois avec délicatesse et passion dévorante. Et ses regards... Ses regards l'aimait... Lorsque par ses yeux elle pouvait communiquer ; lorsqu'enfin, il n'étaient pas clos.
Parfois, elle laissait sa voix s'adonner à lui par de vagues murmures susurrés à son oreille. Elle lui disait des choses qu'il aimait certainement entendre. Des mots, parfois solitaires, parfois travaillés.
Elle le remerciait... de pouvoir ainsi être aimée.
Cette passion charnelle, ce désir enivrant, et ce plaisir sensuel dont elle jubilait... Elle ne pourrait jamais lui être assez reconnaissante. Qui était cet homme ? Il l'avait envoûtée... Tel un sorcier, un ensorceleur.
Elle perdait toute notion de temps. Elle se fichait de ce qu'il pouvait se passait au dehors. Elle se contentait simplement de vivre l'instant présent, comme jamais elle ne l'avait fait.
Et elle atteignait une extase, aussi impétueuse qu'elle n'en était troublante. Aussi désirée qu'elle n'en était appréciée...

# ... Merci ... #

Elle ne se sentait plus la force de quoi que ce soit, ni parler, ni bouger, ni même respirer.
Il lui avait cédé tout ce qu'il pouvait lui offrir, et désormais, le souffle court, elle se délectait du souvenir de ces instants où l'un à l'autre ils s'étaient abandonnés.
Quelques instants encore, il resta en elle, comme pour prolonger encore ce court moment où ils pouvaient dire nous au lieu de je, et lors de ce court instant, elle brava la fatigue soudaine qui s'était imposée à elle, et enveloppa de ses bras blancs le corps de l'homme à qui elle venait de s'adonner. Elle ne contrôlait presque plus ses mouvements, mais pourtant, elle se serrait contre lui, avec force et délicatesse à la fois.
Elle se permit un dernier baiser sur la chair halée de son compagnon, puis, succombant à cette étrange fatigue, relâcha ses étreintes, et se laissa reposer sous les drapés du lit.
Elle lui avait dit merci. A sa façon.
Désormais, à nouveau séparés, elle se sentait bien. Elle savait que plus tard, elle se sentirait à nouveau seule, vide, comme s'il manquait une partie d'elle-même. Mais à cette heure, elle se complaisait à se sentir bien, nue contre un homme qu'elle ne connaissait pas quelques heures plus tôt.

Remontant les draps jusqu'à la courbe de ses hanches, elle fut saisie de frissons, à la fois mélange de chaud et de froid.
Allongée sur le flanc, elle observait avec une infinie tendresse cet homme qui l'avait faite jubiler. Son regard trahissait très certainement l'envie de le revoir qui s'était imposée en elle. Elle ne voulait pas le laisser s'enfuir. Elle ne voulait pas le laisser disparaître. Elle voulait avoir le droit de toujours se souvenir de lui.
Mais lui, l'y autoriserait-il ?


" Ai-je raison de penser que... Ce ne sera pas la seule et unique fois... ? "

Elle murmurait dans la pénombre d'une chambre qui se noyait dans la nuit d'une soirée de printemps.
Levant une main, elle la porta au visage de Ian et le caressa quelques instants, alors qu'une fois de plus son regard trahissait son affection pour lui.
Elle voulut lui dire qu'il pouvait l'aimer sans crainte de l'avenir, qu'elle, elle ne pouvait pas mourir, et que jamais elle ne l'abandonnerait... Mais à quoi bon... Des paroles dictées par une simple passion qui peut-être serait éphémère ?
Non, elle voulait y croire davantage...

Elle sentait la fatigue l'emporter sur elle, son côté félin revenir à grands pas... Elle avait envie, elle avait besoin... de repos.
Elle déposa un baiser sur les lèvres de cet homme qui la faisait rêver, puis, se retournant, vint se coller contre lui, plaquant son dos de femme contre son torse musclé.
D'une caresse de la main, elle se saisit du bras de son prince, et, murée dans le silence, le passa autour d'elle, et déposa sa large main d'homme sur son sein.
Tout était parfait.
Avait-elle seulement pensé à ces cicatrices qui décoraient son dos... Celles qui, par une nuit d'été, treize ans auparavant, lui avait volé une première vie.
Deux balles maudites visant la chair pure d'une gamine en tout point innocente. Désormais, elles sommeillaient en elles, sous la forme de marques rosées, nettes. L'une ayant traversé son poumon droit. L'autre ayant traversé son coeur.
De fait... Elle s'était efforcée de les oublier.
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Ian Englehorne

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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Dim 27 Juin - 0:06

Tout était fini. Mais toute fin n'est-elle pas également commencement et continuité ?

Le dernier cri avait retenti depuis longtemps, et pourtant il semblait encore résonner entre les murs de la petite chambre d'hôtel qui avait abrité leurs ébats. Parfaitement immobile, Ian se trouvait toujours prisonnier de la chaleur pénétrante du corps d'Alessa. S'en retirer constituerait un tel déchirement qu'il hésitait fortement à franchir le pas. Le souffle court, il n'avait aucune peine en revanche à entendre leurs deux coeurs battant à l'unisson, si fort que ça en devait affolant. Le feu de la passion consumée peinait à s'éteindre totalement. Et quelque chose lui disait qu'elle ne disparaîtrait pas avant un bon moment encore. Il se sentait épuisé, physiquement comme mentalement, mais au moment où il s'apprêtait enfin à se décider à rompre avec ce moment délicieux, une étreinte tendre et délicate l'en empêcha, comme si elle avait lu dans ses pensées. Saisi par ce geste aussi spontané qu'affectueux, il ne bougea pas d'un cil, avant de finalement reprendre dans ses bras le corps svelte de sa compagne.
Son souffle brûlant effleurait régulièrement le cou blanc de la belle, et il releva alors son visage vers le sien, craignant de l'indisposer à la longue. Après qu'elle lui eut administré le plus doux des baisers, les corps se relâchérent, et , sans réellement la quitter des yeux, il se retira d'elle dans un glissement furtif, restant cependant au-dessus d'elle. Dans la semi-obscurité du crépuscule qui était parvenu sans bruit s'installer sur la ville, leurs regards se croisèrent.

Le marin se tenait appuyé par la force de son genou et celle de ses bras, afin de veiller à ne pas l'écraser sous son poids. Il la contemplait d'un oeil admiratif, profondément ému qu'une telle créature se soit épris d'une manière si violente de lui. Elle était belle, offerte. L'image même de la féminité et de tout ce qu'elle représentait de voluptueux et de sensuel.
Enfin, il s'arracha à cette contemplation pour s'allonger sur le flanc, la laissant remonter les draps sur leur épiderme moite, éprouvé par l'air frais que portait irrémédiablement le soir. Allongé, il la tint blottie contre lui, son bras solide entourant sa taille fine. Il désirait la protéger du froid et, du même coup, la savoir si proche était une source de réconfort immense, bien que nouvelle pour lui. Il ne cherchait plus à comprendre ... Il s'était fait à l'idée.
Troublé de la façon dont il était miré par cette femme extraordinaire, il se forçait tout du moins à demeurer calme et serein. C'était peine perdue ... son coeur continuait de tambouriner follement contre sa poitrine. Et il découvrait qu'il aimait tellement se perdre dans la couleur de ces iris ...


" Ai-je raison de penser que... Ce ne sera pas la seule et unique fois... ? "

La nuit était en train de tomber véritablement, et, derrière elle, par la fenêtre dégagée des rideaux, il aperçut une étoile, ce qui était rarissime lorsqu'on vivait dans cette ville ultra-polluée.
Poussant un soupir, il ferma les yeux quand sa main vint caresser sa joue. Il fit pencher son visage pour mieux sentir sa paume et s'y frotter, comme l'aurait fait un chat. Enfin, lorsqu'il rouvrit les yeux, ce fut pour lui murmurer d'une voix aux accents de tendresse bien audibles :


" Vous avez raison ... "

Leurs lèvres se retrouvèrent, comme avec soulagement, avant que la jeune femme ne se retourne, dos à lui. Avec un naturel déconcertant, il s'avança, plaquant son corps au sien et l'enlaça, sa main posée sur son sein à la peau douce moelleuse, qu'elle semblait vouloir contre elle. Ce contact le fit rougir mais, sans volonté de la provoquer, il caressa la chair tendre de son sein du bout du pouce. Aveuglé par cette scène d'amour pur, il n'avait pas vu ces larges cicatrices qui barraient le dos de sa partenaire. Son nez, lui, était perdu dans la chevelure odorante de l'hybride, et il humait avec délice le parfum qui en émanait, comme s'il s'agissait d'une drogue désormais indispensable à sa survie.
Sans réellement se contrôler, sa voix souffla, comme une évidence :


" Alessa ... "

Saisi d'une pulsion, il la serra plus fort contre lui, presque douloureusement.

* Qu'est-ce que j'ai fait ...? *

Bridgess. Il avait trompé sa femme.
Non, non ... pas trompé. Volontairement ignoré son souvenir.
Ce fut son bon sens qui le sauva de la dérive. Ni l'une ni l'autre de ces prétendues vérités n'étaient vraies. Il avait enfin réappris la signification du verbe "vivre". Il lui faudrait toute sa force pour continuer en faisant abstraction de son remords, mais il ne doutait pas d'y parvenir. Il savait qu'il n'oublierait jamais sa femme. Mais il savait également qu'il ne pourrait éternellement vivre sous son ombre mortuaire.
Il voulait tenter d'abaisser les barrières qui entouraient son esprit pour chercher le refuge d'une conversation avec Alessa, mais il n'y parvint pas. A la place, il ôta sans bruit son alliance, et la porta discrètement à ses lèvres. Puis, résolu, il la glissa sous son oreiller avec d'infimes précautions.

Un symbole du devoir de mémoire qu'il continuerait d'exécuter honorablement, mais également du refus de continuer de se contenter d'exister et non de vivre.
Comme en paix, il se blottit un peu plus contre le corps chaud de la féline, avant de susurrer à son oreille, un petit sourire aux lèvres :


" Vous verrai-je un jour sous votre autre forme ...? "

Des paroles, mélange de rêve et de réveil. Il était en train de s'endormir lorsque le dernier mot prit forme dans sa bouche, et le sommeil le prit, sans qu'il ne sut la réponse ni même si elle l'avait entendu.

Cette nuit-là, il dormit rarement aussi bien depuis plus d'un an ...
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MessageSujet: Re: Saison nouvelle [PV Ian]   Mar 6 Juil - 18:29

Le sommeil l'avait emportée aussi bien que la passion lorsque quelques heures plus tôt elle avait appris à se plonger dans le regard azuré de son nouvel amant.
Une fatigue, à la fois due à sa nature féline, et à son travail qui, parfois, pouvait se trouver inexistant, ou, au contraire, écrasant et épuisant - comme en ce moment.
Les dernières choses qu'elles ressentit avant de se laisser aller au bras de Morphée, furent les douces étreintes du corps chaud de Ian, ses caresses, et ses effluves masculines. Un cocktail parfait pour un sommeil digne d'une princesse.
Ou du moins, c'est ce qu'elle aurait pensé. Néanmoins, ce ne fut pas réellement le cas. Secouée par des songes indescriptibles et incompréhensibles au loufoque n'ayant d'égal que leur psychédélisme, elle finit par se réveiller, le corps bouillonnant, et l'esprit confus.
Ouvrant les yeux sur la pièce désormais noyée dans l'obscurité, elle chercha à se redresser dans le lit, mais se ravisa lorsqu'elle sentit, toujours déposée sur son corps, la main de Ian. Elle glissa avec tendresse le bout de ses doigts sur cette main de marin, puis se retourna en douceur, pour désormais faire face au personnage.
Il avait l'air de dormir si paisiblement. Alessa devait tout aussi bien dormir, avant de n'être réveillée par ces songes futiles. A moins que ce ne fut sa nature nocturne qui la sortit de son sommeil prématurément.
Ne devinant que la silhouette de Ian au travers de la pénombre de la chambre, elle se remémora quelques longs instants leurs ébats, puis leurs conversations, et pour finir, leur rencontre. Une rencontre qui aurait pu rester anodine, et qui, désormais pourtant, animait le cœur de la jeune féline de pulsations nouvelles qu'elle peinait à calmer.
Dans le silence qui se faisait de plomb, elle s'entendit murmurer.


" Tu m'as ensorcelée... "

Se souriant à elle-même, elle finit par dégager en douceur la main de Ian, qui, toujours, se tenait sur son corps. Avec l'agilité qui lui était propre, elle la rendit à son propriétaire, sans même le tirer d'une quelconque rêverie. Il était hors de question de réveiller un si bel ange endormi.
Se retirant doucement du lit, elle finit alors par se relever, tandis que ses yeux, petit à petit, s'habituaient à l'obscurité.
Dans un premier temps, elle chercha à rejoindre la salle de bain. Mais avant même qu'elle n'ai pu penser à faire un premier pas vers la prote de celle-ci, elle entendit le vibreur d'un téléphone s'agiter non loin de l'endroit où elle avait 'déposé' ses affaires avant de s'adonner à Ian.
Dans un sursaut de crainte, elle se précipita vers celui-ci et coupa court ce qui, d'ici quelques secondes, auraient dî se transformer en sonnerie.

# Mais quelle sombre idiote je fais... J'aurais pu penser à l'éteindre, surtout avec les... #

Le nom qu'elle vit apparaître comme expéditeur du texto qu'elle venait de recevoir coupa court à ses auto-jurons. C'était le travail.

Citation :
Tonton Skin - 00h59 :
" 10h00 "

Un léger soupir, puis elle referma son téléphone. En général, lorsque c'était Skin qui la contactait, c'est qu'il y avait gros boulot à prévoir, et peu de temps en réserve. Tandis qu'elle se rhabillait dans le noir, elle se demanda ce qu'on allait lui demander cette fois-ci. La reproduction d'une grande oeuvre sans doute. Peut-être même la Dormeuse de Naples d'Ingres, tout dernièrement retrouvée et sur le point d'être mise aux enchères pour les plus grands musées et collectionneurs ? Encore un travail qui ne s'avèrerait pas facile, dans tous les cas.
Se dirigeant vers la salle de bain, elle s'y enferma quelques minutes. Le temps de se passer de l'eau sur le visage, de réveiller tous ces sens encore à moitié endormis, et de s'arranger un peu le minois. Puis elle ressortir de la salle de bain, préparée, comme sur le point de s'en aller.
Mais ce ne fut pas ce qu'elle fit.
D'abord, elle vint s'agenouiller sur le sol, à côté du lit. En douceur, elle fit glisser sa main sur le flanc de Ian, le caressant presque imperceptiblement. Elle savait que d'une manière ou d'une autre il le ressentirait, même si jamais il n'en prendrait conscience.
Tandis qu'un fin sourire vint naître sur ses lèvres, elle déposa un léger baiser sur l'épaule de cet être qui se voulait désormais si cher à ses yeux. Puis, s'esquivant près de la fenêtre où la pâleur de la lune pouvait lui faire part de sa lumière, elle rédigea un petit message.

Citation :
L'heure n'est pas encore venue pour moi de vous dire au revoir. J'ai été tirée de mon sommeil, sans doute par ma nature féline. Si d'aventure vous vous réveillez avant mon retour, et que vous vous en sentez le courage, pourquoi ne pas me rejoindre. Paris est bien loin d'être la même lorsque la nuit l'emporte. Peut-être accepteriez-vous de la redécouvrir en ma compagnie.
Pour l'heure, je m'en vais au bar de votre hôtel. Mon corps se sent un besoin de nicotine, et ça n'est pas en cette chambre que je me permettrai de l'assouvir.
Dans l'espoir de vous retrouver bien vite à mes côtés.

Alessa

Son écriture était liée, fine et gracieuse. Peu importe la pénombre ou l'incommodité. Elle était douée dans son art de manier les graphites. Relisant une dernière fois le court message, elle vint le déposer sur son oreiller, à la place où, quelques heures plus tôt, c'était son visage qui sommeillait.
Puis, dans un désir peut-être inavoué de voir ce bellâtre se réveiller et la rejoindre dans sa folie nocturne, elle vint poser un baiser sur la joue de Ian. Moins calculé, moins léger, et plus désireux.
Puis, l'observant une dernière fois, elle s'éloigna, à reculons, vers la porte. Elle se sentait comme incapable de réprimer ce sourire de bonheur qui s'était emparé d'elle et qui l'empêchait de détourner les yeux de ce séduisant jeune homme.
Puis, finalement, sa main trouva la poignée de la porte. Elle savait que si elle sortait maintenant, elle ne pourrait plus rentrer par elle-même. Mais au fond... Elle aimait l'idée de se séparer de lui... Du moment que c'était pour mieux le retrouver par la suite.


" Ne dors pas trop longtemps, mon tendre... Je ne saurais mourir d'impatience. "

Elle appuya sur la poignée, entrouvrit la porte, et finit par sortir, refermant celle-ci derrière elle. Étrangement, elle regretta presque son geste aussitôt qu'il fut fait. Tel un déchirement se saisissant de son cœur sans donner la moindre chance d'en réchapper. Esquissant alors un soupir mélancolique, elle se surprit à souhaiter qu'il vienne la rejoindre. Elle espérait avoir fait assez de bruit pour le guider jusqu'à elle. Et en même temps, elle ne voulait pas l'avoir réveillé, alors qu'il dormait si bien...
Elle se sentait comme une enfant. Elle voulait pouvoir arpenter les rues de Paris, main dans la main avec lui. Lui raconter des anecdotes auxquelles ils riraient ensemble. Et finalement, pouvoir l'aimer à nouveau, dans cette même chambre où il s'étaient aimés quelques heures plus tôt.

Repassant par les escaliers, elle descendit les marches pour rejoindre le bar de l'hôtel, encore ouvert. Au milieu de bouteilles de martini et de scotch, elle vit un panneau blanc parsemé de lettres grasses écrites en vert : SERVICE JUSQU'A 2H
Comme partout.
S'asseyant au comptoir, elle demanda au serveur si elle était autorisée à fumer. Bien entendu, la réponse fut négative. Mais prétextant qu'à cette heure-ci il n'y avait plus personne pour la réprimander, il lui accorda une cigarette ou deux.
Seule dans la salle, elle commanda le même Blue Lagoon que précédemment, tirant de son paquet de quoi se refaire en matière de nicotine.
Puis, tandis qu'elle sortait son zippo en argent de la poche de son veston, elle espéra en silence n'être plus seule bien longtemps...
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Saison nouvelle [PV Ian]
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